La menace en masses. La guerre « moderne », la cohésion sociale et le déploiement d’une surveillance à mobile sécuritaire (États-Unis, années 1910-1930)

Pourquoi en vient-on à opérer une surveillance de masse ? Cet article propose, à partir d’une étude de cas, de se démarquer de la tendance des travaux du champ des Surveillance Studies à ne montrer guère d’intérêt pour les raisons d’agir des surveillants, lesquelles passent le plus souvent au second...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Rios-Bordes, Alexandre
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2025
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Pourquoi en vient-on à opérer une surveillance de masse ? Cet article propose, à partir d’une étude de cas, de se démarquer de la tendance des travaux du champ des Surveillance Studies à ne montrer guère d’intérêt pour les raisons d’agir des surveillants, lesquelles passent le plus souvent au second plan au profit d’un certain déterminisme sociotechnique, du dévoilement des multiples biais qui affectent les opérations de classification et de triage ou des logiques bureaucratiques sous-jacentes. Sans rien retirer à l’intérêt de ces approches, il s’agit ici de mettre le mobile de la surveillance au cœur de la réflexion, avec l’intuition que l’essentiel est peut-être là. Et, à partir d’une enquête minutieuse, de montrer comment, bien avant l’ère digitale, en l’absence de toute innovation majeure, une surveillance massive a pu se déployer ; décrire par quel processus intellectuel de modestes officines de renseignement, qui n’ont a priori rien à voir avec un terrain domestique qui leur est interdit, se mettent à espionner leurs concitoyens ; montrer, de fait, comment la perception d’une menace intérieure commande une économie du soupçon et de la vigilance qui emmène ces militaires loin, très loin de leurs domaines d’intérêt immédiats, et jusqu’à l’auscultation des grandes masses.