« Il est interdit de nomadiser sans avoir nettoyé le campement de ses déchets ». Comment effacer ses traces d’occupation des lieux dans la steppe mongole ?
Pour les éleveurs nomades mongols, la terre qu’ils habitent est la propriété d’esprits-maîtres de lieux, à qui il faut théoriquement rendre un territoire vierge de toute trace humaine au moment de quitter le campement et de nomadiser. Or leurs diverses activités produisent aujourd’hui des déchets no...
Enregistré dans:
| Hovedforfatter: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2023
|
| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Pour les éleveurs nomades mongols, la terre qu’ils habitent est la propriété d’esprits-maîtres de lieux, à qui il faut théoriquement rendre un territoire vierge de toute trace humaine au moment de quitter le campement et de nomadiser. Or leurs diverses activités produisent aujourd’hui des déchets non biodégradables, qui laissent des traces persistant après leur départ. Cela donne lieu à une réinterprétation de la cosmologie locale et du statut des déchets, désormais présentés comme des traces indésirables.
Cet article questionne donc l’ancienneté du statut du déchet en tant que trace humaine indésirable à éliminer au moment de la nomadisation sous peine de subir la colère des esprits. Retraçant les différentes représentations du déchet et les modèles de gestion associés au cours du xxe siècle en Mongolie, il montre les divergences, les tensions et les réinterprétations auxquelles le statut et le bon traitement des déchets non biodégradables donnent lieu en Mongolie rurale. |
|---|