L’épidémiologie entre population et individu : quelques clarifications à partir de la « pensée populationnelle »

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, l’épidémiologie dite « moderne » ou « épidémiologie des facteurs de risque » joue un rôle important dans l’analyse étiologique ; elle contribue désormais aux savoirs sur la santé et la maladie. Comment toutefois déterminer la spécificité de son apport relative...

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主要作者: Giroux, Élodie
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: 2008
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實物特徵
總結:Depuis la seconde moitié du 20e siècle, l’épidémiologie dite « moderne » ou « épidémiologie des facteurs de risque » joue un rôle important dans l’analyse étiologique ; elle contribue désormais aux savoirs sur la santé et la maladie. Comment toutefois déterminer la spécificité de son apport relativement aux autres disciplines médicales comme la clinique ou la physiopathologie ? L’épidémiologie est généralement définie comme l’étude de la distribution et des déterminants des états de santé et de maladie dans les populations humaines. La notion de population y tient manifestement une place centrale. Toutefois, cette notion, en elle-même particulièrement vague et équivoque, se révèle être d’un usage et d’un statut peu clairs au sein de l’épidémiologie. A travers l’identification de facteurs de risque individuels, l’épidémiologie moderne semble s’intéresser davantage aux individus qu’aux populations. L’objectif de cet article est de montrer que la notion de « pensée populationnelle » – introduite par Ernst Mayr en opposition à celle de « pensée typologique » – est utile et pertinente pour clarifier le statut de la population en épidémiologie. Cette notion permet d’une part de rendre compte des changements survenus avec l’avènement de l’épidémiologie moderne au milieu du 20e siècle et, d’autre part, de préciser ce que cette discipline apporte de spécifique à la pensée médicale. C’est alors l’occasion d’ébaucher ce que pourraient être les caractéristiques d’une conception épidémiologique des phénomènes de santé.