Du lieu à l’espace
Nous nous interrogerons sur les lieux configurés et évoqués dans l’espace diégétique et sur l’articulation lieux et destin des deux héroïnes. En d’autres termes, comment Louise et Renée s’inscrivent-elles dans les lieux représentés dans le roman ? Cette inscription est-elle déterminée par leur gen...
Enregistré dans:
| Hovedforfatter: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2024
|
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Nous nous interrogerons sur les lieux configurés et évoqués dans l’espace diégétique et sur l’articulation lieux et destin des deux héroïnes. En d’autres termes, comment Louise et Renée s’inscrivent-elles dans les lieux représentés dans le roman ? Cette inscription est-elle déterminée par leur genre, en particulier ? En quoi les lieux et les espaces romanesques (et il paraît nécessaire de distinguer lieu et espace) donnent-ils à voir, dans une période historique précise (l’époque transitoire de la fin de la Restauration au début de la monarchie de Juillet) les chemins de formation et d’évolution empruntés par les deux amies, et leurs trajectoires singulières (en incluant notamment les oppositions sociales, géographiques) ? Si la mobilité et la liberté des deux héroïnes sont considérablement entravées au début du récit, nous observons ensuite une série de mouvements et de déplacements. Il s’agit bien de « sortir » d’un lieu non choisi, dès la première phrase écrite par Louise. Le mouvement peut être assimilé à une conquête. On peut s’interroger sur les modalités de déplacement de l’une et de l’autre. Les mouvements s’accompagnent-ils d’un élargissement de l’espace ? S’agit-il de « trouver sa place » dans l’espace social, mondain, familial ? Peut-on interpréter les cheminements des protagonistes comme la recherche d’un espace de liberté que les lieux n’offriraient peut-être pas (la question du « lieu à soi » se pose) mais que l’espace épistolaire favoriserait ? En définitive, la lettre apparaît non seulement comme un espace d’échange, mais également un espace de fantaisie qui autorise de nombreux renversements et qui témoigne de la fécondité des chemins de formation ouverts aux personnages féminins.
|
|---|