Développement transfrontalier et internationalisation des capitales balkaniques. Le cas de Bucarest

Les financements européens destinés à soutenir le développement des territoires frontaliers se concentrent dans les Balkans sur des espaces ruraux de faible densité, affectés depuis des décennies par la stérilisation des marges que les logiques de sécurité sous-tendaient pendant la guerre froide. Ce...

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Autori principali: Darques, Régis, Feraru, Andrei
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2017
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Les financements européens destinés à soutenir le développement des territoires frontaliers se concentrent dans les Balkans sur des espaces ruraux de faible densité, affectés depuis des décennies par la stérilisation des marges que les logiques de sécurité sous-tendaient pendant la guerre froide. Ces zones vertes agricoles ou naturelles font l’objet de toutes les attentions tandis que la dimension urbaine du développement transfrontalier est délibérément négligée. Ce choix participe d’une dé-territorialisation générale des politiques d’aménagement et de l’affaiblissement des frontières internationales face aux dispositifs intégrateurs et aux avancées de la « mondialisation ». Comment les Balkans réagissent-ils à l’installation des «  softs borders » et à la réémergence de barrières barbelées ? Ces politiques d’incitation sont-elles susceptibles d’infléchir la soumission des « marches » à un ordre militaire strict ? Ces questions sont particulièrement saillantes si l’on aborde le sort des capitales nationales sous l’angle frontalier. Sept des dix capitales balkaniques exercent une fonction transfrontalière directe, à un degré ou à un autre. Des métropoles transnationales se développent « spontanément », multipliant les relations et échanges informels avec leurs voisins, sans que cette dynamique de métropolisation ne trouve d’écho auprès des collectivités locales, des autorités nationales ou des financeurs européens. Le cas de Bucarest, capitale internationale « malgré elle », est particulièrement significatif. Le développement méridional de la capitale roumaine, lié au sort des villes de Giurgiu et Ruse (Bulgarie), met au centre des débats la relation complexe de la métropole avec le Danube, fleuve-frontière longtemps cantonné à un rôle de repoussoir. Ainsi sommes-nous tentés de penser qu’une régionalisation « par le plein » des territoires frontaliers balkaniques s’opère en dépit de ou parallèlement à une régionalisation institutionnelle « par le vide ».