Esprits sans patrie : une analyse de la « religion du voyage » dans les îles du Cap-Vert

À la découverte des îles au XVe siècle, la spiritualité capverdienne se construit sur un double mouvement où la conversion forcée des esclaves africains au catholicisme va de pair avec une familiarisation des Européens aux systèmes de pensées de l’Afrique. Au fil des siècles, ce métissage fait naîtr...

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Detalhes bibliográficos
Auteurs principaux: Laurent, Pierre-Joseph, Plaideau, Charlotte
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2010
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Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:À la découverte des îles au XVe siècle, la spiritualité capverdienne se construit sur un double mouvement où la conversion forcée des esclaves africains au catholicisme va de pair avec une familiarisation des Européens aux systèmes de pensées de l’Afrique. Au fil des siècles, ce métissage fait naître un imaginaire catholique populaire où l’esprit du défunt ( finado) s’établit comme l’un des ciments de la société ; par sa mainmise symbolique sur le sort de ces familles de migrants tourmentées entre ici et là-bas, l’esprit « apatride » devient le commun dénominateur entre le natif et le migrant, le jeune et le vieux, le populaire et l’érudit, le catholique et le protestant, le continental et l’insulaire, l’Africain et l’Européen. Qu’il soit « errant » – inférieur – ou « de lumière » – supérieur –, l’esprit du défunt est également l’entité convoquée par le rationalisme chrétien pour (re)créer du lien. Ce n’est pas un hasard puisque cette doctrine spiritualiste née au Brésil en 1910 s’est répandue à l’étranger en accompagnant la diaspora capverdienne. Ses « irradiations » et séances de « dédoublement et nettoyage psychique » dirigées vers le monde entier, en font une spiritualité délocalisée, permettant de relier les destins humains par-delà les frontières géopolitiques.