L'illusion participative

Résumé Depuis une dizaine d’années, à Madagascar, les pratiques de gestion centralisées sont remplacées par des approches participatives qui reposent sur des principes simples directement inspirés du fonctionnement des démocraties occidentales : droit de tous à la parole, accès égal à l’information...

Fuld beskrivelse

Enregistré dans:
Bibliografiske detaljer
Auteurs principaux: Blanc-Pamard, Chantal, Fauroux, Emmanuel
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2004
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Résumé Depuis une dizaine d’années, à Madagascar, les pratiques de gestion centralisées sont remplacées par des approches participatives qui reposent sur des principes simples directement inspirés du fonctionnement des démocraties occidentales : droit de tous à la parole, accès égal à l’information, décisions prises à la majorité des voix... Ces principes, malgré leur générosité, sont étrangers à l’idiosyncrasie des ruraux malgaches. La participation est pourtant recommandée de toutes parts et les bailleurs de fonds ne soutiennent plus un projet qui ne la considère pas comme une priorité. C’est encore, très probablement une illusion dans de nombreux cas, ce qui risque de conduire les projets et les opérations reposant sur l’approche participative à de nouveaux échecs, même s’ils s’avèrent sans doute moins cinglants que les échecs d’autrefois. On peut espérer que la participation devienne moins illusoire puisqu’elle s’inscrit dans un contexte de décentralisation qui instaure de nouveaux types de gouvernance et de gestion des ressources naturelles. La gestion partagée vise également à laisser aux communautés villageoises une réelle autonomie, notamment dans la protection de l’environnement. La situation actuelle marque une transition particulièrement délicate puisqu’on tente de mettre en place les conditions institutionnelles rendant possible ce partage de gestion. L’aspect apparemment novateur de la procédure est beaucoup plus grand qu’il n’y paraît à première vue dans un milieu où la démocratie participative est encore perçue comme une bizarrerie à laquelle les gens ne s’habituent pas vraiment.