Moraliser le capitalisme ou capitaliser sur la morale ?

Les sciences sociales, en particulier celles qui donnent de l’importance à l’idée d’incorporation des dispositions, s’intéressent de plus en plus aux sciences du cerveau. Elles se réfèrent alors volontiers aux travaux de neurosciences dites « sociales », mais souvent de façon générale et abstraite....

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Dades bibliogràfiques
Autors principals: Bosvieux-Onyekwelu, Charles, Boussard, Valérie
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2022
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Les sciences sociales, en particulier celles qui donnent de l’importance à l’idée d’incorporation des dispositions, s’intéressent de plus en plus aux sciences du cerveau. Elles se réfèrent alors volontiers aux travaux de neurosciences dites « sociales », mais souvent de façon générale et abstraite. A contrario, il est possible de réfléchir aux rapports entre sciences sociales et sciences neurales en partant de l’observation directe, ethnographique, d’opérations de recherche précises – en l’espèce, d’une expérience par électroencéphalogramme, concernant les dispositions individuelles à la violence politique. Une telle observation, réalisée au sein d’un laboratoire étasunien reconnu, montre comment la socialité des comportements humains est évacuée dans la pratique habituelle des neurosciences sociales. La différenciation sociale des sujets de l’expérience, les interactions interpersonnelles qui conditionnent le cerveau, et le caractère institutionnel et historique des représentations s’avèrent impensés, parfois jusqu’à l’absurde (création de stimuli étranges). L’article invite, de façon constructive, à une meilleure prise en compte de ces spécificités épistémologiques, théoriques et méthodologiques, qui pourraient être dépassées si et seulement si les sciences sociales assument leur contribution scientifique distinctive dans les rapports interdisciplinaires.