Du « bastion » au « ghetto »
Résumé Comment la surreprésentation des immigrés dans les quartiers populaires a-t-elle peu à peu été érigée en « problème » ? On peut en rendre compte en étudiant comment la thématique de la « mixité sociale » a pris forme, d’abord dans les municipalités communistes puis dans les villes de banlieue...
Spremljeno u:
| Glavni autor: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
2005
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| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | Résumé
Comment la surreprésentation des immigrés dans les quartiers populaires a-t-elle peu à peu été érigée en « problème » ? On peut en rendre compte en étudiant comment la thématique de la « mixité sociale » a pris forme, d’abord dans les municipalités communistes puis dans les villes de banlieue où les grands ensembles ont été construits. Confrontées à la reprise de l’immigration après la Seconde Guerre mondiale, les municipalités communistes ont cherché à défendre la rénovation de leur territoire contre l’installation jugée trop importante des immigrés. La « lutte contre les ghettos », qu’elles popularisent, exprime d’abord leur dénonciation des logiques étatiques et patronales qui sont à l’origine du rassemblement des étrangers dans les communes ouvrières. Cette mobilisation montre au demeurant que la rénovation urbaine des villes ouvrières contribue à dresser de nouveaux obstacles à l’intégration des immigrés qui, localement, sont privés de la légitimité du statut de travailleur. Si cette thématique se resserre dans les décennies suivantes sur le seul objectif d’un « équilibre des populations » dans les cités HLM, c’est qu’elle est désormais portée par un groupe plus large de maires qu’unissent la présence des grands ensembles dans leurs communes et la volonté de réduire les effets négatifs associés aux transformations de leur peuplement. Ainsi les causes des « problèmes » des habitants des quartiers, principalement liées aux processus de précarisation sociale, sont-elles peu à peu évacuées au profit de la seule dénonciation de la concentration spatiale des pauvres et des immigrés. |
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