L'arbre banian de la mondialisation

RésuméL’odyssée de l’industrie du conseil, en tout juste soixante-dix ans, est impressionnante. Elle débute en 1934, alors que, saisissant l’opportunité créée par le Glass Steagall Act, Marvin Bower allait transformer l’entreprise d’audit peu dynamique de James O’McKinsey. McKinsey & Co. dev...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Djelic, Marie-Laure
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2004
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:RésuméL’odyssée de l’industrie du conseil, en tout juste soixante-dix ans, est impressionnante. Elle débute en 1934, alors que, saisissant l’opportunité créée par le Glass Steagall Act, Marvin Bower allait transformer l’entreprise d’audit peu dynamique de James O’McKinsey. McKinsey & Co. devenait ainsi le premier cabinet de conseil en management au sens aujourd’hui donné à ce terme et, ce faisant, Marvin Bower inventait une industrie. La professionnalisation et la revendication d’une légitimité scientifique étaient la marque de cette industrie naissante. Ces stratégies – institutionnelle et savante – sont toujours là aujourd’hui au cœur de l’expansion globale du conseil. Le succès et la croissance extrêmement rapide de cette industrie sur les deux dernières décennies génèrent néanmoins leurs propres contradictions. Plus le champ géographique couvert par les firmes du conseil s’étend, plus la gestion des décalages potentiels entre un discours « global » et des réalités, des interprétations et des pratiques « locales » devient complexe, lourde et coûteuse. Les stratégies institutionnelle et savante qui font le succès de cette industrie exigent pourtant une professionnalisation et une approche « scientifique » du management sans faille – ce qui revient à impliquer un fonctionnement parfaitement homogène dans tous les bureaux d’une même firme. Les risques sont accrus, dans ce contexte, qu’un dérapage à un endroit ne vienne fragiliser, voire déstabiliser, l’ensemble de la firme. Les firmes du conseil sont les arbres banian de la mondialisation – mais des banians aux pieds d’argile !