Bulletin de la société française d’archéologie classique (XLVIII, 2016-2017)

Au début du xixe s., grâce aux études de l’archéologue Antonio Nibby, la dénomination de l’une des ruines romaines les plus célèbres est réexaminée et corrigée : ce qui avait été connu sous le nom de Templum Pacis est désormais identifié comme la basilique de Maxence. Sous cette dédicace à la paix...

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Päätekijä: Salatin, Francesca
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 2018
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Au début du xixe s., grâce aux études de l’archéologue Antonio Nibby, la dénomination de l’une des ruines romaines les plus célèbres est réexaminée et corrigée : ce qui avait été connu sous le nom de Templum Pacis est désormais identifié comme la basilique de Maxence. Sous cette dédicace à la paix, aussi erronée que très évocatrice, prend corps une série de significations chrétiennes que nous nous proposons d’analyser ici. La basilique de Maxence habite l’imaginaire chrétien, selon deux axes distincts et d’origine lointaine, appelés néanmoins à se croiser à la Renaissance. C’est d’une part la légende qui lie le Templum Pacis au nom d’Auguste et établit un lien entre son effondrement et la naissance du Christ. De l’autre, lorsque le Templum Pacis est reconnu comme œuvre des Flaviens, une réinterprétation dans une lecture chrétienne du Bellum Iudaicum s’ajoute au prétexte légendaire : les noms de Vespasien et de Titus étaient indissolublement liés à la prise de Jérusalem et à la destruction du Temple de Salomon, tandis que le Templum Pacis rappelait le transfert à Rome des dépouilles des Jérusalémites, en alimentant la propagande de l’Église romaine qui se voyait en héritière de Jérusalem. La présente contribution se donne pour but d’analyser la stratification des aspects et des suggestions portées par ces deux horizons de signification, en tentant en même temps de démêler, grâce à l’examen de différentes sources, la trame où se tissent équivoques, effet légendaire et une possible réalité archéologique.