Les couleurs et les ors retrouvés de la sculpture antique...

Jean Marcadé fut l’un des premiers archéologues à reconnaître, dès la fin des années 1940, le rôle clé de la couleur dans l’achèvement de la sculpture grecque, modelé compris. À l’occasion de l’étude des statues polychromes hellénistiques de la Maison de l’Hermès à Délos, il donnait pour la première...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Jockey, Philippe
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2014
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Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Jean Marcadé fut l’un des premiers archéologues à reconnaître, dès la fin des années 1940, le rôle clé de la couleur dans l’achèvement de la sculpture grecque, modelé compris. À l’occasion de l’étude des statues polychromes hellénistiques de la Maison de l’Hermès à Délos, il donnait pour la première fois à la polychromie une pleine place, mettant un terme au mythe d’une Grèce blanche. Celui-ci, qui prend ses racines dans l’Antiquité, fut théorisé par J. J. Winckelmann au xviiie s. et trouva son expression la plus radicale au xxe s., dans l’entre-deux guerres, quand les couleurs furent rejetées du côté de l’Orient et de la femme (par Ch. Maurras), le blanc étant réservé aux seuls mâles occidentaux. J. Marcadé ne cessa de revenir ensuite sur l’importance des couleurs dans la statuaire grecque, masculine comme féminine, depuis ses premières expressions archaïques jusqu’à l’époque impériale, au fil de ses publications et en dépit du manque d’intérêt de la communauté scientifique. Par une heureuse coïncidence (?), c’est dans Le Mépris (1963) de J.-L. Godard, probable lecteur de J. Marcadé, que l’on peut voir la meilleure illustration de cette colorisation allouée paritairement aux deux sexes, sur certaines des statues grecques les plus célèbres.