La place de la mobilisation dans une révolution inattendue : l'effondrement de l'allemagne de l'est

Après avoir dégagé certaines caractéristiques originales de la Révolution de 1989 en Allemagne de l'Est, l'auteur procède à un examen des processus et des mécanismes sous-jacents à la forte mobilisation qu?a connue alors la République démocratique allemande. Par une conjonction rare, la dé...

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Hlavní autor: Chazel, François
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2002
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Popis
Shrnutí:Après avoir dégagé certaines caractéristiques originales de la Révolution de 1989 en Allemagne de l'Est, l'auteur procède à un examen des processus et des mécanismes sous-jacents à la forte mobilisation qu?a connue alors la République démocratique allemande. Par une conjonction rare, la défection vers l'Allemagne de l'Ouest a servi de catalyseur à une puissante prise de parole, dont les manifestations de Leipzig ont été, par leur durée comme par leur influence, le mode d?expression principal. Depuis la journée décisive du 9 octobre, qui met à bas le pouvoir d?Honecker, jusqu?à la chute du Mur, slogans et banderoles constituent une affirmation résolue de la société civile contre l'idéologie du régime, de la souveraineté populaire et des droits démocratiques majeurs. Mais vers la mi-novembre les manifestants s?engagent progressivement et non sans divisions visibles dans une direction différente, marquée par l'expression du sentiment national, les perspectives d?une communauté de destin avec l'autre Allemagne et la voie de la réunification. Le souhait d?une réunification a été exprimé par les manifestants de Leipzig, tout au moins par la majorité d?entre eux, avant qu?il ne soit repris et canalisé par les élites politiques de la République fédérale, particulièrement par le chancelier Kohl. Et sans doute cette issue est-elle apparue à beaucoup d?Allemands de l'Est comme la seule plausible, lorsque est devenue manifeste l'impuissance de la nouvelle opposition de l'Allemagne de l'Est, formée à l'école de la Zivilisationskritik et du protestantisme moral, à conquérir un pouvoir auquel elle n?avait jamais prétendu. Ainsi les manifestations de Leipzig ont marqué de leur empreinte les deux étapes majeures d?une révolution qui a été d?abord civique avant de connaître un tournant national : elles n?ont perdu de leur intensité et de leur substance que dans une dernière phase, où les enjeux électoraux devinrent prépondérants.