« La nature, c’est nous-mêmes »

De nos jours, l’auto-mesure peut être décrite comme une constellation de visibilité et d’évaluation de plus en plus différenciée. Elle illustre de manière exemplaire des évolutions que l’on peut observer dans de nombreux autres domaines de la société. Ce n’est pas sans raison que l’on parle aujourd’...

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Dades bibliogràfiques
Autors principals: Böhme, Gernot, Schütz, Wolfgang, Hanse, Olivier
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2023
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:De nos jours, l’auto-mesure peut être décrite comme une constellation de visibilité et d’évaluation de plus en plus différenciée. Elle illustre de manière exemplaire des évolutions que l’on peut observer dans de nombreux autres domaines de la société. Ce n’est pas sans raison que l’on parle aujourd’hui d’une « evaluation society » (Peter Dahler-Larsen). La question est alors de savoir qui peut observer et évaluer qui et comment, mais aussi qui ne peut pas voir qui et quand. Dans ce contexte, les méthodes d’auto-mesure ne servent pas simplement à collecter, analyser et évaluer des données relatives au corps. Ces méthodes génèrent plutôt des propriétés/caractéristiques mesurables et discrètes pour divers domaines du quotidien (activité physique, alimentation, régénération, etc.). La technologie détermine donc au préalable qui ou ce qui doit être évalué au sein de la procédure, ou même reconnu comme objet de mesure (toute activité sportive n’est pas reconnue comme sport par les applications de fitness) et elle se préoccupe de savoir si certaines attentes (nombre de pas, temps de sommeil, rythme cardiaque, apport calorique, etc.) peuvent ou non être satisfaites. Deuxièmement, les méthodes de mesure et d’analyse produisent des utilisateurs qui s’observent et s’évaluent eux-mêmes à l’aide de données et d’évaluations de données correspondantes et de critères prédéfinis, c’est-à-dire qui se placent dans un rapport réflexif ou évaluatif par rapport à eux-mêmes et qui se rendent ainsi réceptifs à des propositions d’optimisation, telles qu’elles sont données d’une part par la technologie de mesure elle-même, mais aussi par des experts ou d’autres personnes qui se mesurent elles-mêmes.