« Un vieil homme est toujours un Roi Lear » (Goethe) – Le vieux roi en son exil d’Arno Geiger
Arno Geiger consacre le récit autobiographique Le vieux roi en son exil (2011) à son père, frappé par la maladie d’Alzheimer au seuil du grand âge. Il retrace l’inexorable évolution de la maladie, des premiers symptômes au milieu des années 1990 jusqu’au placement en maison de retraite. Chroniqueur...
Gardado en:
| Autor Principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
2022
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| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Arno Geiger consacre le récit autobiographique Le vieux roi en son exil (2011) à son père, frappé par la maladie d’Alzheimer au seuil du grand âge. Il retrace l’inexorable évolution de la maladie, des premiers symptômes au milieu des années 1990 jusqu’au placement en maison de retraite. Chroniqueur de la perte et de l’effacement, Geiger reconstruit les souvenirs du père à mesure que ceux-ci s’abolissent. Il livre ainsi un récit de filiation qui relève du geste autobiographique mais fait également le détour par la fiction pour recomposer l’image d’un père de plus en plus absent à lui-même.Vécue comme un douloureux déracinement métaphysique, la maladie est étroitement associée dans le texte aux motifs de l’errance et de l’exil. À l’image du vieux roi Lear qui manifeste dans sa folie une immense sagesse, le père oscille entre sénilité et clairvoyance. En reprenant la figure du roi, celle du Roi Lear en particulier, Geiger inscrit l’histoire de son père dans une large intertextualité, lui conférant ainsi à la fois une grandeur tragique et une dimension plus universelle. Si Geiger s’attache en effet avant tout à rendre au vieil homme une singularité dont Alzheimer semble parfois le priver, il tente aussi d’établir un diagnostic sur ce qu’il appelle « la maladie du siècle » qui reflète et traduit selon lui la désagrégation du monde moderne. |
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