The politics of twentieth-century adoption

On peut considérer que l’adoption, le déplacement permanent d’un enfant d’une famille à une autre, est rarement politiquement neutre, mais signale plutôt un déséquilibre de pouvoir qui est souvent nié par les processus juridiques qui l’autorisent. Le choix du terme « adoption forcée » par des milita...

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Κύριος συγγραφέας: Swain, Shurlee
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: 2022
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Περιγραφή
Περίληψη:On peut considérer que l’adoption, le déplacement permanent d’un enfant d’une famille à une autre, est rarement politiquement neutre, mais signale plutôt un déséquilibre de pouvoir qui est souvent nié par les processus juridiques qui l’autorisent. Le choix du terme « adoption forcée » par des militants dans plusieurs pays occidentaux a bouleversé les conceptions actuelles de l’adoption au xxe siècle, qui considèrent celle-ci comme une pratique sociale bienveillante permettant de trouver des foyers pour les enfants « non désirés » ou comme une transaction dans un marché libre permettant aux couples stériles de construire des familles. Bien que non sans contestation, cette perturbation met au défi les historiens de l’adoption de placer leur travail dans un contexte plus large de pratiques nationales et internationales de retrait d’enfants. En s’appuyant sur le nombre croissant d’études en anglais documentant ces pratiques dans différents contextes nationaux, cet article cartographie l’étendue et la variété des moyens par lesquels les gouvernements ont utilisé le recours à l’adoption pour renforcer les politiques sociales dans des domaines tels que l’assimilation des autochtones ou d’autres minorités raciales, le rapatriement des enfants d’ascendance mixte au lendemain du colonialisme, les représailles contre les opposants politiques pendant les conflits et le contrôle interne des mœurs en temps de paix, la répression de la remise en cause du modèle patriarcal de la famille par l’augmentation des naissances hors mariage dans le monde occidental au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’article identifie les contextes nationaux dans lesquels l’adoption plutôt que le placement des enfants est devenue une méthode acceptée et, dans certains cas, privilégiée pour atteindre ces objectifs. Il soutient que la capacité à reconstruire des enfants « souillés » pour les rendre acceptables pour les parents adoptifs potentiels, se présentant au départ comme motivée par la bienveillance, mais de plus en plus par l’infertilité, a été un élément central de cette transition. L’augmentation de la demande qui en a résulté a souvent poussé les autorités pourvoyeuses à élargir leur définition des enfants à adopter, en créant des chaînes d’approvisionnement, dans des endroits aussi divers que l’Australie, l’Espagne, le Nigeria et la Corée du Sud, dans lesquelles les futures mères étaient hébergées et recevaient des soins médicaux à condition qu’elles abandonnent leur enfant à la naissance. Dans de telles circonstances, la liberté du consentement, sur laquelle repose le statut juridique de l’adoption, est gravement compromise. En identifiant les cas où l’absence manifeste de consentement concernant les enfants placés en adoption pendant la guerre ou les troubles civils, notamment en Allemagne et en Argentine, a conduit à perturber les adoptions et, dans de nombreux cas, à les annuler, l’article explore les défis que posent pour l’avenir les tentatives des activistes contemporains de faire classer comme forcées, voire illégales, les adoptions faites dans d’autres contextes et d’autre cadres juridiques.