Of foundlings and “lostlings”

Le 5 mai 1959, le mouvement des adoptions internationales d’après-guerre alors en pleine expansion a été touché par un premier grand scandale, qui a pour la première fois fait parler de « trafic de bébés ». Au cœur de ce scandale, qui portait sur des enfants grecs adoptés par des parents adoptifs ré...

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मुख्य लेखक: Van Steen, Gonda
स्वरूप: Article ou chapitre numérique
भाषा:Français
प्रकाशित: 2021
ऑनलाइन पहुंच:Accès Université d'Orléans et IFPM
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सारांश:Le 5 mai 1959, le mouvement des adoptions internationales d’après-guerre alors en pleine expansion a été touché par un premier grand scandale, qui a pour la première fois fait parler de « trafic de bébés ». Au cœur de ce scandale, qui portait sur des enfants grecs adoptés par des parents adoptifs résidant aux États-Unis, se trouvait Stephen S. Scopas, un éminent magistrat de New York, accusé d’avoir vendu une trentaine d’enfants grecs, ce qui fit rapidement la une des journaux. Scopas avait placé des enfants grecs auprès de couples new-yorkais pendant environ deux ans, et il avait été payé pour ces placements prétendument non autorisés. Les accusations ont finalement été rejetées, car il a été prouvé que toutes les adoptions menées par Scopas et ses comparses avaient été formellement conclues en Grèce. L’accusation a dû concéder un fait surprenant, qui est resté une constante dans les adoptions internationales lorsqu’elles sont soumises à un examen plus approfondi : parce que les adoptions, faites avant le départ, avaient été formalisées en Grèce (par le biais d’ordonnances des tribunaux grecs), les tribunaux américains devaient les reconnaître sur la base du principe de courtoisie internationale ou de réciprocité.Scopas a été acquitté, mais le mal était fait. Jusqu’à ce jour, les adoptions internationales de la Grèce vers les États-Unis, dont la plupart ont été réalisées entre 1950 et 1962, sont restées entachées des stigmates de l’illégalité et du marché noir. De plus, le scandale de 1959 n’a pas été le seul à marquer cette première phase importante, mais pas assez étudiée, du mouvement de l’adoption internationale. Pour les besoins de cette étude, l’enquête du tribunal de Scopas nous fournit un point d’observation multifocal, à partir duquel nous pouvons observer et interroger les politiques et pratiques d’adoption de la fin des années 1950, mais aussi la pensée et l’argumentation d’un grand nombre de parents adoptifs américains, à qui le tribunal de New York a demandé de témoigner en personne et sous serment. Si les courtiers en adoption ont négligé la tenue de registres appropriés pour les « bébés Scopas », les documents du tribunal issus du dossier d’appel de Scopas fournissent des informations essentielles. C’est ce dossier que je souhaite présenter, car les documents et les témoignages transcendent le cas particulier et nous permettent d’appréhender dans leur ensemble les dynamiques complexes de l’adoption internationale d’après-guerre.