Agunot, 1851-1914. An introduction
Cet article se propose de cartographier le phénomène de l’ agunah entre 1851 et 1914. Le terme agunah se réfère à une femme séparée de son mari mais dans l’incapacité d’obtenir un divorce valide selon la loi juive, ce qui l’empêche de se remarier. Cette enquête montre que la question de l’ agunah r...
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| 1. Verfasser: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
2019
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| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Cet article se propose de cartographier le phénomène de l’ agunah entre 1851 et 1914. Le terme agunah se réfère à une femme séparée de son mari mais dans l’incapacité d’obtenir un divorce valide selon la loi juive, ce qui l’empêche de se remarier. Cette enquête montre que la question de l’ agunah reflète l’évolution du rôle des femmes dans la société juive du xixe siècle. Dans leur lutte pour se libérer de la captivité maritale, les femmes pouvaient compter sur de nouvelles forces à l’intérieur de la société juive, et en particulier sur les journaux juifs. L’étude du phénomène de l’ agunah montre en outre que le pouvoir des autorités rabbiniques au sein de la société juive perd de son influence à cette époque.Cet article montre qu’il y avait deux récits très différents d’ agunot. Le discours halakhique, réducteur, appréhendait la question de l’ agunah à l’intérieur du système juridique hébraïque, tandis que le discours « moderniste » envisageait cette question en termes d’égalité et de droits de l’homme. Ces différents discours reflètent le fait que, dans les systèmes politiques modernes, la Halakha n’était pas autonome.Les décisions rabbiniques devaient tenir compte du fait que les juifs, du point de vue de leur statut personnel, étaient désormais soumis à la loi du pays. Les juifs devaient enregistrer leurs mariages auprès des autorités civiles. Les règles de la Halakha concernant le divorce, l’abandon des épouses ou d’autres questions matrimoniales relevaient en effet de tribunaux civils non-juifs. Cela a conduit les rabbins à restreindre leur définition de l’ agunah aux cas pour lesquels la décision rabbinique était fondamentale. Partir à la recherche d’un homme ayant abandonné son épouse n’était plus une corvée halakhique et pouvait désormais être effectué à l’aide des journaux.La période prise en considération peut être scindée en deux parties : 1851-1900 et 1901-1914. Le problème de l’ agunah touchait principalement l’Europe de l’Est dans la première période et l’Amérique du Nord au cours de la seconde. Dans le premier cas, l’abandon était dû à la situation difficile dans laquelle se trouvait la femme (64% des cas, contre 36% pour des raisons halakhiques). Dans la seconde période, l’abandon pour la même cause représentait près de 90% des cas, quand les cas relevant de questions halakhiques étaient rares. Ce phénomène est à mettre en realtion avec le rôle décroissant de la Halakha dans le nouveau monde. Ainsi, les recherches sur le phénomène de l’ agunah doivent tenir compte des contextes locaux particuliers dans lesquels il s’inscrit. |
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