La famille avant la ville, ou comment se perpétuer dans un espace urbain en construction

RésuméDynamiques familiales et inscriptions spatiales sont au cœur de cette recherche dans laquelle l’étude de la population d’une petite rue du centre-ville d’une commune de la banlieue lilloise recensée de 1860 à 1950 révèle la contribution particulière des relations familiales à la durée de résid...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Hontebeyrie, Juliette
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2010
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:RésuméDynamiques familiales et inscriptions spatiales sont au cœur de cette recherche dans laquelle l’étude de la population d’une petite rue du centre-ville d’une commune de la banlieue lilloise recensée de 1860 à 1950 révèle la contribution particulière des relations familiales à la durée de résidence et à l’espace de mobilité de ses habitants. Ainsi, l’ancrage fortement marqué de certains résidents s’appuie manifestement sur le fait que ces derniers s’intègrent dans des familles singulières. Les caractéristiques de ces dernières renvoient à des facettes variées. En ce qui concerne la démographie on peut noter que ces familles sont étendues, leurs membres étant peu affectés par la mortalité infantile et ayant une espérance de vie élevée. Du point de vue de leurs registres professionnels, ces derniers s’avèrent être centrés autour de métiers peu sensibles aux mutations économiques et à l’augmentation de la productivité du fait de la mécanisation, comme c’est le cas par exemple pour la menuiserie et le travail du bois ou les commerces alimentaires et de boisson. De plus, le volet patrimonial montre que ces familles sont parvenues à ajuster le patrimoine foncier, qu’elles ont constitué dans une période antérieure à l’urbanisation, à ces mêmes activités professionnelles, essentiellement artisanales ou de proximité. Simultanément, la sédentarité exceptionnelle de certains résidents membres de ces familles, laisse à penser que le « reste du monde » leur est en quelque sorte comme inaccessible. En parallèle, pour d’autres résidents cette rue ne constitue qu’une étape transitoire et de courte durée, dans un espace migratoire faiblement polarisé, et au sein duquel Lille devient de plus en plus présent à mesure que les liens familiaux se distendent. Ainsi, associée à des temporalités – individuelle, collective, économique et historique – spécifiques, l’inscription dans des réseaux familiaux reste déterminante pour cerner les trajectoires de ces résidents, et donc leur contribution à la l’urbanisation de cette commune.