Wandering off the Page

Cet article s’interroge sur ce qui est atteint, voire blessé, par la torture. Quelles formes d’échec – dans notre manière de nous connaître nous-mêmes et de connaître autrui – pouvons-nous discerner en prêtant attention aux modalités selon lesquelles le savoir sur la torture est reçu, consigné et n...

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主要作者: Meyers, Todd
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: 2026
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id cairn-ACO_261_0213
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spelling cairn-ACO_261_0213ACOA contrario https://shs.cairn.info/journal-a-contrario-2026-1-page-213?lang=en https://doi.org/10.3917/aco.261.0213 Wandering off the Page Meyers, Todd2026 fre A contrario | 39 | 1 | 2026-06-15 | p. 213-218 | 1660-7880 ACO_26117 Cet article s’interroge sur ce qui est atteint, voire blessé, par la torture. Quelles formes d’échec – dans notre manière de nous connaître nous-mêmes et de connaître autrui – pouvons-nous discerner en prêtant attention aux modalités selon lesquelles le savoir sur la torture est reçu, consigné et nié ? Ce faisant, l’article déplace le survivant individuel de la torture du centre de l’enquête, tout en reconnaissant que c’est précisément sa douleur et la singularité de son expérience qui en assurent la cohérence. De manière générale, mon objectif est de rendre intelligible pourquoi les sociétés, les proches et les soignants ne peuvent qu’en venir à se détourner du fait que la torture n’est pas une anomalie au sein des démocraties modernes. Elle en fait au contraire partie intégrante ; ainsi, notre complicité – mineure ou majeure – contribue à façonner le désaveu des effets dévastateurs de la torture et de la difficulté qu’elle pose en tant qu’objet de réparation et de rétablissement. En mettant en dialogue des travaux anthropologiques consacrés à la compréhension de la torture et au déni connexe de l’ampleur de ses effets avec une enquête ethnographique menée dans une clinique de réhabilitation pour victimes de torture au Danemark, j’examine quelles formes de pensée sont capables de soutenir une telle reconnaissance. Enfin, je m’interroge sur la manière dont l’aveu de notre complicité pourrait contribuer à tracer une voie vers la reconstruction – certes au sein de la clinique, mais surtout au-delà de celle-ci. This article asks what it is, that is wounded with torture? Which contours of failure in terms of how we know ourselves and our others might we detect by attending to how knowledge of torture is received, recorded, and denied? Doing so, the paper displaces the individual torture survivor as the center of investigation whilst acknowledging that their pain, and singular experience is what holds the inquiry together. Overall, my aim is to convey why it is that societies, friends and carers cannot but help turn away from the fact that torture is not an anomaly in modern democracies. Rather, torture is part hereof and so our complicity, minor or major, gives shape to the disavowal of the devastating effects of torture and its difficulty as an object of recovery. Reading anthropological work on how to understand torture and the adjacent denial of its extensive effects alongside ethnography in a rehabilitation clinic for torture victims in Denmark, I ask what forms of thinking can hold such an acknowledgement, and ultimately, how might an acknowledgement of our complicity help forge a path to recovery, within, for sure, but beyond the clinic not least. Cairn restricted access
language Français
format Article ou chapitre numérique
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description Cet article s’interroge sur ce qui est atteint, voire blessé, par la torture. Quelles formes d’échec – dans notre manière de nous connaître nous-mêmes et de connaître autrui – pouvons-nous discerner en prêtant attention aux modalités selon lesquelles le savoir sur la torture est reçu, consigné et nié ? Ce faisant, l’article déplace le survivant individuel de la torture du centre de l’enquête, tout en reconnaissant que c’est précisément sa douleur et la singularité de son expérience qui en assurent la cohérence. De manière générale, mon objectif est de rendre intelligible pourquoi les sociétés, les proches et les soignants ne peuvent qu’en venir à se détourner du fait que la torture n’est pas une anomalie au sein des démocraties modernes. Elle en fait au contraire partie intégrante ; ainsi, notre complicité – mineure ou majeure – contribue à façonner le désaveu des effets dévastateurs de la torture et de la difficulté qu’elle pose en tant qu’objet de réparation et de rétablissement. En mettant en dialogue des travaux anthropologiques consacrés à la compréhension de la torture et au déni connexe de l’ampleur de ses effets avec une enquête ethnographique menée dans une clinique de réhabilitation pour victimes de torture au Danemark, j’examine quelles formes de pensée sont capables de soutenir une telle reconnaissance. Enfin, je m’interroge sur la manière dont l’aveu de notre complicité pourrait contribuer à tracer une voie vers la reconstruction – certes au sein de la clinique, mais surtout au-delà de celle-ci.
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