Wandering off the Page

Cet article s’interroge sur ce qui est atteint, voire blessé, par la torture. Quelles formes d’échec – dans notre manière de nous connaître nous-mêmes et de connaître autrui – pouvons-nous discerner en prêtant attention aux modalités selon lesquelles le savoir sur la torture est reçu, consigné et n...

Volledige beschrijving

Bewaard in:
Bibliografische gegevens
Hoofdauteur: Meyers, Todd
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2026
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:Cet article s’interroge sur ce qui est atteint, voire blessé, par la torture. Quelles formes d’échec – dans notre manière de nous connaître nous-mêmes et de connaître autrui – pouvons-nous discerner en prêtant attention aux modalités selon lesquelles le savoir sur la torture est reçu, consigné et nié ? Ce faisant, l’article déplace le survivant individuel de la torture du centre de l’enquête, tout en reconnaissant que c’est précisément sa douleur et la singularité de son expérience qui en assurent la cohérence. De manière générale, mon objectif est de rendre intelligible pourquoi les sociétés, les proches et les soignants ne peuvent qu’en venir à se détourner du fait que la torture n’est pas une anomalie au sein des démocraties modernes. Elle en fait au contraire partie intégrante ; ainsi, notre complicité – mineure ou majeure – contribue à façonner le désaveu des effets dévastateurs de la torture et de la difficulté qu’elle pose en tant qu’objet de réparation et de rétablissement. En mettant en dialogue des travaux anthropologiques consacrés à la compréhension de la torture et au déni connexe de l’ampleur de ses effets avec une enquête ethnographique menée dans une clinique de réhabilitation pour victimes de torture au Danemark, j’examine quelles formes de pensée sont capables de soutenir une telle reconnaissance. Enfin, je m’interroge sur la manière dont l’aveu de notre complicité pourrait contribuer à tracer une voie vers la reconstruction – certes au sein de la clinique, mais surtout au-delà de celle-ci.