Le devoir de révolte : la noblesse française et la gestation de l'État moderne, 1559-1661

Se proclamer " Mécontent ", c'était pour les nobles, pendant le siècle troublé qui sépare les règnes de Henri II et de Louis XIV, se prévaloir d'un statut quasi officiel d'opposant à la politique royale. En l'absence d'institutions vraiment efficaces permettant de...

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Détails bibliographiques
Auteur principal: Jouanna, Arlette, 1936-2022
Format: Livre papier
Langue:Français
Publié: [Paris] : Fayard C 1989.
Collection:Nouvelles études historiques 24
Sujets:
Note: Autres tirages : 2000, 2002, 2016 (impression à la demande)
Autres localisations: Voir dans le Sudoc
Description
Résumé:Se proclamer " Mécontent ", c'était pour les nobles, pendant le siècle troublé qui sépare les règnes de Henri II et de Louis XIV, se prévaloir d'un statut quasi officiel d'opposant à la politique royale. En l'absence d'institutions vraiment efficaces permettant de s'exprimer légalement, le recours à la violence apparaissait comme un moyen normal de faire entendre sa voix : les Mécontents qui avaient à se plaindre du roi ou de ses conseillers "prenaient les armes" pour faire pression sur lui et alerter l'opinion. Ces révoltes ambiguës ont rassemblé des hommes issus de catégories sociales variées, mais leurs chefs ont été des gentilshommes, parmi lesquels on comptait les plus grands noms de la noblesse. Ceux-ci poursuivaient un but commun, par-delà la diversité de leurs convictions religieuses : il s'agissait pour eux de promouvoir une plus grande participation des sujets dont ils s'estimaient les porte-parole naturels au gouvernement. Leurs prises d'armes ont été un effort désordonné et souvent désespéré devant l'évolution "absolutiste" de la monarchie, pour faire triompher une autre conception, tout aussi cohérente, du pouvoir et des hiérarchies sociales : pour eux, se révolter était un devoir. La connaissance de ces révoltes, de leurs animateurs, l'examen attentif des écrits théoriques ou de circonstance publiés à leur occasion, est indispensable pour bien saisir la portée de l'évolution politique de l'âge classique auquel on est condamné à ne rien comprendre si on ne la situe pas dans la perspective des combats qui l'ont précédé. Après la Fronde se dégagera lentement une théorie politique plus ouverte sur la recherche de moyens institutionnels susceptibles d'incarner durablement l'idéal politique de la noblesse, ou du moins de la partie la plus riche et la plus éclairée d'entre elle. Au carrefour de l'histoire politique, de l'histoire sociale et de l'histoire des idées, cette démarche apporte une contribution décisive à l'étude des relations entre pouvoir et société dans la France d'Ancien Régime.
Description:Autres tirages : 2000, 2002, 2016 (impression à la demande)
Description matérielle:1 volume (504 pages) : couverture illustrée en couleurs ; 22 cm.
Bibliographie:Bibliographie p. [465]-488. Notes bibliographiques. Index
ISBN:9782213022758 (br.) :
2213022755 (br.) :