Le cannibale : grandeur et décadence

1492-1592 : ce siècle conduit d'une erreur à un mythe. Erreur de Colomb qui prend les Indiens Caraïbes pour des sujets du Grand Khan ou, pire, pour des cynocéphales, des hommes à tête de chien. Mythe du Bon Cannibale qui, dès 1580 avec Montaigne, renvoie à la face du colonisateur européen les t...

Fuld beskrivelse

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Bibliografiske detaljer
Hovedforfatter: Lestringant, Frank, 1951-
Andre forfattere: Chaunu, Pierre, 1923-2009 (Auteur de l'introduction, etc.)
Format: Livre papier
Sprog:Français
Udgivet: Genève : Droz DL 2016.
Udgivelse:2e édition revue et augmentée.
Serier:Titre courant 61
Fag:
Kommentar: Première édition parue en 1994 dans la collection "Histoire et décadence" chez Perrin
Autres localisations: Voir dans le Sudoc
Beskrivelse
Summary:1492-1592 : ce siècle conduit d'une erreur à un mythe. Erreur de Colomb qui prend les Indiens Caraïbes pour des sujets du Grand Khan ou, pire, pour des cynocéphales, des hommes à tête de chien. Mythe du Bon Cannibale qui, dès 1580 avec Montaigne, renvoie à la face du colonisateur européen les turpitudes d'une civilisation avide de gain. Partant du mot, que Colomb invente, ce livre montre comment le Cannibale des Antilles et du Brésil est devenu en quelques décennies l'incarnation d'un tabou majeur de l'Occident chrétien. Le renversement paradoxal auquel procède Montaigne transforme cette figure repoussoir en modèle positif. Le libre Cannibale, ancêtre du Bon Sauvage des Philosophes, devient le point de référence obligé pour mesurer la barbarie des prétendus civilisés. Cependant le Cannibale tend à faire oublier qu'il mange de la chair humaine. Endossant la livrée des Philosophes et soutenant le combat des Lumières, il devient le porte-parole idéal dans la dispute anticoloniale et antichrétienne. Le Cannibale est lié à la croyance du civilisé. La critique du dogme catholique de la transsubstantiation, tel que l'orchestre la controverse calviniste, en passe par le parallèle avec l'anthropophagie des peuples d'Amérique. Là aussi le mérite du Cannibale est éclatant : s'il mange de l'homme, ce que l'Européen fait sous des formes plus cruelles, il ne mange pas son Dieu, et sa barbarie apparaît toute relative. Cette image positive se dégrade au temps de l'expansion européenne, lorsque le Cannibale, privé de voix et de message, ne représente plus qu'un appétit bestial. Figure odieuse, il suscite tour à tour l'ironie dévastatrice de Swift et les rêveries primitivistes d'un Sade ou d'un Flaubert.
Emne beskrivelse:Première édition parue en 1994 dans la collection "Histoire et décadence" chez Perrin
Fysisk beskrivelse:1 vol. (328 p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 19 cm.
Bibliografi:Bibliogr. p. [307]-312. Notes bibliogr. Index
ISBN:9782600005616 (br.) :
ISSN:1420-5254