Les salines de Saintes-Lucie, une interface silencieuse.

Située dans une zone lagunaire entre les étangs de Bage-Sigean et de l'Ayrolle, à l'embouchure du canal de la Robine, Port-la-Nouvelle est aujourd'hui une petite commune d'environ 6000 habitants à l'année, et 30 000 vacanciers en période estivale, qui profite d'une situ...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: SCHNEIDER Kantuta (étudiant)
Format: Livre papier
Langue:Français
Publié: 2015.
Description
Résumé:Située dans une zone lagunaire entre les étangs de Bage-Sigean et de l'Ayrolle, à l'embouchure du canal de la Robine, Port-la-Nouvelle est aujourd'hui une petite commune d'environ 6000 habitants à l'année, et 30 000 vacanciers en période estivale, qui profite d'une situation privilégiée entre les Corbières et la mer Méditerranée. Au 18ème siècle, c'est un petit hameau de quelques maisons, les bateaux de pêcheurs oscillent encore sur les étangs. Puis, Port-la-Nouvelle devient une petite ville dont la forme urbaine va se mettre en place vers le19ème siècle, en rive droite du quai du port. Son expansion prend de l'importance quand la ligne ferroviaire la connecte aux villes de Perpignan et Narbonne, et que son activités portuaire se met en place. Dans les années 1960, le port devient plus important ; la population double en nombre, et on voit l'implantation d'espaces de stockage de céréales, de gaz, des dépôts de pétrole et d'acide phosphorique, ainsi que le renforcement du réseau routier. Les principales activités sont les hydrocarbures, les matériaux de construction, et les céréales avec un complexe de trois silos. Placé comme le 14ème port de commerce français, le port de la Nouvelle appartient en grande partie à la Région Languedoc Roussillon. En vue de s'aligner avec les autres grands ports français pour l'horizon 2030, la région est en train de redéfinir l'image du port à travers l'élaboration d'un plan de développement pour son expansion économique. Lancé depuis 2007, ce projet « Grand Port » est soutenu par l'état, la région Languedoc Roussillon, les politiques locales et les acteurs professionnel concernés. Il prévoit en premier lieu l'extension du port à plus grande échelle d'usage avec l'aménagement d'un bassin de 115 ha qui accueillerait de grands bateaux, l'allongement et la création de digues de 800m à 2200 m de long, la construction de nouveaux quais et l'aménagement de terres-plein sur 20 ha. Dans un second temps, il est prévu la création d'un arrière port, pôle logistique de 60 ha aménagé en partie sur l'ancienne saline de Sainte Lucie. Actuellement, c'est une grande étendue endormie de terres modifiées par les techniques du sel, qui donne l'image d'un désert lunaire balayé par le vent. Elle est bordée par les dunes de sable d'un coté, par les étendues lagunaires de l'autre, et seulement habité par des oiseaux aux noms curieux (le Pipit rousseline, l'Alouette calandrelle) et une flore particulière de la saline. Auparavant, cette saline appartenait à la Compagnie des Salins du Midi et des salines de l'Est, mais par soucis de rentabilité, la production de sel pris fin en 2005. On peut encore voir des digues, vannes et autres rouets présents comme témoins de ce passé industriel florissant. En 2009 fut créer la Réserve Naturelle de Sainte Lucie, regroupant l'île de Sainte Lucie, les anciennes salines, et la plage nord sur 825 ha. Elle est traversée par la ligne de chemin de fer et le canal de la Robine, branche latéral du canal du Midi, qui débouche sur le port. Au nord, au niveau du Grau de la Vieille, une ancienne tour à signaux, positionnée au 18ème siècle pour défendre la cote, subsiste et fait figure de témoin historique. Le conservatoire du Littoral est propriétaire de ce site et travaille en cogestion avec le parc Naturel Régional de la Narbonnaise, mais faute de subventions, le plan de gestion et les projets de préservation concernant la saline n'ont pu aboutir jusqu'à ce jour. Dans le cadre du projet « Grand Port », et tenant compte du fait que ces zones humides sont protégées, l'état tente de négocier des mesures compensatoires avec le conservatoire du Littoral pour lancer le chantier sur la saline, en sachant que l'implantation du pôle logistique aura un impact négatif sur ces terres et portera atteinte à des espèces animale et végétale protégées. La concertation entre le Conservatoire du Littoral, la commune de Port-la-Nouvelle, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel et le Parc Naturel régional de la Narbonnaise est toujours en cours et tente de trouver des solutions pour préserver au maximum ces espaces naturels. LA SALINE DE SAINTE LUCIE, PORT-LA-NOUVELLE Etang de l'Ayrolle Saline de Sainte Lucie Port actuel de La Nouvelle Coeur de ville de Port-la-Nouvelle Embouchure du Canal de la Robine Grau de la Vieille Etangs de Bages-Seagan Ile de Sainte Lucie LA SALINE DE SAINTE LUCIE, PORT-LA-NOUVELLE Pour un projet d'une telle envergure, d'intérêt national, et faisant l'objet d'enjeux socio-économiques et fonciers importants, l'enjeu va être d'anticiper le futur de cette petite commune, prise au coeur d'un débat économique mais également environnemental. Doit on forcément aller vers un très grand port pour le re dynamiser le port de la Nouvelle? Quels serait la stratégie d'aménagement à adopter sur un site classé en « Sevezo seuil haut » à coté d'une réserve naturelle? Le devenir des salines est aujourd'hui remis en cause, l'état et la région essaient de concilier deux actions contradictoires ; le projet d'extension industrielle et la préservation des espaces naturels. Mais comment inscrire de nouvelles activités industrielles sur un territoire de zones sensibles et protégées? La saline de Sainte Lucie semble être le dernier seuil entre l'îlot sauvage riche des étangs et une plate forme industrielle qui s'anime, alors quelle interaction doit se former entre ces deux entités?
Description matérielle:146 p.