Beauduc et la dérive littorale : vivre un territoire mouvant.

Avant son endiguement, le delta du Rhône était soumis aux inondations du Rhône et de la mer, mais aujourd'hui, le fonctionnement hydraulique de la Camargue est totalement artificiel, et cette dynamique naturelle est en grande partie figée (digues, barrages dans le bassin versant qui empêchent l...

Ausführliche Beschreibung

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Bibliographische Detailangaben
1. Verfasser: ESLING Magali (étudiant)
Format: Livre papier
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2015.
Beschreibung
Zusammenfassung:Avant son endiguement, le delta du Rhône était soumis aux inondations du Rhône et de la mer, mais aujourd'hui, le fonctionnement hydraulique de la Camargue est totalement artificiel, et cette dynamique naturelle est en grande partie figée (digues, barrages dans le bassin versant qui empêchent la sédimentation, etc.). Les conséquences : le delta du Rhône s'affaisse et, suite au réchauffement climatique, le niveau de la mer s'élève. Les eaux ne s'écoulent plus vers la mer, la salinité augmente dans les étangs (incompatible avec la survie de certaines espèces) et les digues n'ont pas totalement empêché des inondations (1859, 1993, 1994 et 2003). Les mesures anti-érosives mises en place n'ont pas apporté de solutions durables : les digues pourtant renforcées chaque année ne résistent pas aux tempêtes hivernales successives et le phénomène d'érosion est visible avec un recul du trait de côte sur les deux tiers du littoral camarguais. Faut-il / peut-on enrayer ce processus naturel de régression du trait de côte ? Le Conservatoire du littoral a pris le parti de ne pas enrayer le processus sur les terrains qu'il a acquis en 2007 autour de la pointe de Beauduc. Ces anciens étangs de la Compagnies des Salins du Midi sont entourés de digues au sein desquelles les saliniers contrôlaient artificiellement les niveaux d'eaux, douce ou de mer, en fonction de la concentration en sel. Par manque de moyens financiers et par conviction naturaliste, le Conservatoire du littoral a pris la décision de ne pas entretenir les digues de front de mer qui s'effondrent. Quelles sont les conséquences de cette nouvelle gestion ? Les premiers effets de la tentative de remise en place de la dynamique côtière sont visibles : premièrement, la reprise d'une forte érosion avec le recul accéléré du trait de côte sur 10 à 15m par an. Des brèches se sont ouvertes dans les digues entre les phares de Beauduc et de Faraman, ainsi qu'au niveau de la plage des Sablons en 2009, 2010, 2012 et 2013. Les étangs s'ouvrent peu à peu sur la mer dont l'intrusion est de plus en plus fréquente ; En corollaire, une accrétion de 5 à 20m par an de sédiments intervient au niveau de la pointe de Beauduc. Les enjeux autour des étangs et des plages de Beauduc sont essentiellement sociaux : ces plages faisant partie des rares grandes plages de sable de Méditerranée, elles attirent aujourd'hui une importante population locale et touristique (kitesurfeurs européens, habitués de la région, cabanons illégaux, camping sauvages, etc.). L'activité agricole se résume à quelques conventions d'usages avec des pêcheurs et agriculteurs professionnels. Face au contexte actuel, d'ici 10 ans les digues de front de mer auront totalement disparu, faisant progressivement reculer le trait de côte. La gestion des terrains du Conservatoire du littoral a été provisoirement confiée à trois co-gestionnaires (jusqu'en 2015) : - le PNR de Camargue via son syndicat mixte de gestion, désigné gestionnaire coordinateur. - la Tour du Valat (centre scientifique privé de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes). - la société Nationale de Protection de la Nature (gestionnaire de la Réserve Nationale de Camargue). Sur la pointe de Beauduc, la charte du PNR - en accord avec la politique du Conservatoire - a identifié comme enjeux le recul contrôlé du trait de côte. Ce repli stratégique vise à fournir au système littoral un espace de liberté permettant à la ligne de rivage de retrouver un équilibre et d'être gérée plus facilement. Doit-on laisser la côte reculer jusqu'à la «digue à la mer», grande digue de seconde ligne qui protège le reste des territoires de Camargue ? Comment gérer ces espaces qui à long terme sont voués à changer totalement de visage voire à disparaître ? Comment accompagner dans le temps ce bouleversement dans le territoire ? Comment faire le lien entre des dynamiques naturelles, de fortes pratiques sociales, et des projets de territoire ?
Beschreibung:129 p.