Le désenchantement de l'art : la philosophie de Walter Benjamin

Il y a aujourd'hui un mythe Walter Benjamin. Cela tient aux qualités littéraires de ses écrits, à sa biographie exceptionnelle, tragiquement représentative du destin de l'intelligentsia judéo-allemande au XXe siècle, et à un sens aigu des enjeux théoriques de l'époque, dont l'act...

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Détails bibliographiques
Auteur principal: Rochlitz, Rainer, 1946-2002
Format: Livre papier
Langue:Français
Publié: [Paris] : Gallimard DL 1992.
Collection:NRF essais
Sujets:
Note: Autres tirages : 2007, 2014
Autres localisations: Voir dans le Sudoc
Description
Résumé:Il y a aujourd'hui un mythe Walter Benjamin. Cela tient aux qualités littéraires de ses écrits, à sa biographie exceptionnelle, tragiquement représentative du destin de l'intelligentsia judéo-allemande au XXe siècle, et à un sens aigu des enjeux théoriques de l'époque, dont l'actualité ne n'est pas démentie depuis. Cette étude systémique veut restituer dans le foisonnement des écrits la logique interne des formes, des thèmes et des conceptions qui se chevauchent et se succèdent, évaluer, à travers les prémisses, les impasses et les changements d'orientation, la contribution de Benjamin aux disciplines qu'il a affrontées : philosophie du langage, esthétique, pensée de l'histoire. Philosophie du langage et philosophie de l'histoire tracent bientôt l'horizon d'une philosophie de l'art. Pour Benjamin, en effet les oeuvres d'art authentiques - contrairement aux systèmes de la raison occidentale- ont seules maintenu dans l'histoire cet accès privilégié à la vérité, que le langage a perdu. Afin d'y accéder à son tour, la philosophie doit se consacrer à l'interprétation de ces oeuvres. Partisan au départ d'une esthétique du sublime inspirée notamment par Hölderlin, Benjamin change deux fois d'orientation : à partir de "Sens unique" (1982), il se tourne vers les avant-gardes et tente de mettre son écriture au service de la politique, au point de sacrifier l'art dans son essai sur la reproductibilité technique ; puis avec "Le Narrateur" (1936) et ses écrits sur Baudelaire, il cherche au contraire, dans son évaluation du prix de la modernité, à restaurer l'autonomie esthétique. Sans doute ces changements de direction contribuent-ils à rendre inachevable le grand projet des "Passages parisiens". Mais ils conduisent pour finir aux "Thèses sur l'histoire" et à leur volonté de rétablir des significations oubliées ou occultées, des voix étouffées sans lesquelles il ne saura y avoir d'humanité réconciliée. Alors se révèle le caractère éthique et politique de la critique d'art, qui prétend repérer dans les oeuvres les signes historiques d'un salut possible.
Description:Autres tirages : 2007, 2014
Description matérielle:1 volume (348 pages) ; 23 cm.
Bibliographie:Bibliographie pages [333]-340. Index
ISBN:9782070727773 (broché)
2070727777 (broché) :