La fabrique du rêve : songe et représentation au seuil de la modernité

Ce livre interroge le rêve, grande machine de l'imaginaire humaine, par le biais de sa représentation picturale. "Peindre le rêve" implique "entrer le rêve" du rêveur, rendre visible ce qui est occulté, dévoiler ce qui est larvé. Le rêve suppose de multiples stratégies de ch...

Cijeli opis

Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Glavni autor: Stoichita, Victor Ieronim, 1949-
Format: Livre papier
Jezik:Français
Izdano: [Vanves] : Hazan DL 2024.
Teme:
Autres localisations: Voir dans le Sudoc
Opis
Sažetak:Ce livre interroge le rêve, grande machine de l'imaginaire humaine, par le biais de sa représentation picturale. "Peindre le rêve" implique "entrer le rêve" du rêveur, rendre visible ce qui est occulté, dévoiler ce qui est larvé. Le rêve suppose de multiples stratégies de chiffrage, lesquelles suscitent depuis longtemps maintes techniques de déchiffrage. Si les songeurs provoquent les onirologues, les peintres, à leur tour, mettent à l'épreuve les interprètes. Le livre s'arrête sur une plaie béante, qui prend parfois l'aspect d'une cicatrice, en l'occurrence sur la fêlure-suture où l'art défie le songe et où le songe rencontre l'art. La matière première du livre est composée par la production picturale à l'aube des Temps modernes, secondée par la "science" de la discrimination des songes, mise au point dans l'Antiquité et ressuscitée à la Renaissance. Au IVe siècle après J.-C., le philosophe Macrobe avait, en effet, dressé une typologie des songes où il distinguait le rêve énigmatique (somnium), qui "signifie" et "présage" sous un voile d'obscurité ; la vision (visio), qui dévoile l'avenir ; l'oracle (oraculum), qui manifeste une révélation d'origine divine ; les songes diaboliques et tentateurs (insomnia), engendrés par les soucis du jour ; et enfin les apparitions effroyables (visa). Jusqu'à quel point la représentation picturale des rêves se plie-t-elle à ces codifications? Si les récits de rêves abondent au Moyen Age, la Renaissance et l'Age classique assisteront à l'éclosion d'un imaginaire peint, paradoxal à plusieurs égards. Quelle est la place de l'illusion onirique à l'époque de l'invention de la perspective? Quels sont les défis impliqués par la représentation des états modifiés de conscience au temps de la découverte du cogito? Comment se définit le statut du songe-signe dans le champ pictural? Les artistes les plus importants, de Raphaël et Michel-Ange à Vermeer, de Giotto et Dürer à Bosch et à Schongauer, se sont arrêtés sur ces questions, en y apportant leurs réponses et leurs doutes. D'autres, moins célèbres, s'y sont attardés à leur tour, défiant par leur démarche les idées reçues de l'oniromancie classique tout autant que les capacités interprétatives du spectateur. Par cette réflexion critique au carrefour de l'interprétation des rêves et de l'analyse des images, Victor Stoichita aborde un problème herméneutique fondamental : comment approcher l'indistinct, le flou, l'imprécis, l'obscur, le vague?
Opis:1 volume (278 pages) : illustrations en noir et en couleur, couverture illustrée ; 32 cm.
Bibliografija:Bibliographie p. 270-275. Notes bibliographiques en fin d'ouvrage p. 264-269. Index p. 277-278.
ISBN:9782754112239 (rel. sous boîtier) :