Au fil des bleus : chanter les violences faites aux femmes

La féminisation de la musique populaire depuis les années 2000 s’est accompagnée d’une augmentation notable du nombre de chansons abordant le thème des violences faites aux femmes, particulièrement nette depuis #MeToo. Cet article analyse une sélection de chansons qui abordent cette question dans un...

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Auteur principal: Pruvost, Céline
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Transposition 2024
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
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Pruvost, Céline
Au fil des bleus : chanter les violences faites aux femmes
description La féminisation de la musique populaire depuis les années 2000 s’est accompagnée d’une augmentation notable du nombre de chansons abordant le thème des violences faites aux femmes, particulièrement nette depuis #MeToo. Cet article analyse une sélection de chansons qui abordent cette question dans un corpus francophone constitué d’artistes de notoriété variée et de différentes coordonnées stylistiques et sociolinguistiques. Il questionne les procédés d’écriture, les procédés musicaux et les procédés interprétatifs qui accompagnent le traitement thématique des violences faites aux femmes en chanson, ainsi que le genre des interprètes, des créateurs et des créatrices des chansons qui abordent ce thème. Ces interrogations ont permis de faire émerger deux constantes : la présence du corps, et celle du bleu. La centralité du corps des femmes, de plus en plus étudiée dans les écrits féministes contemporains, s’observe également dans les chansons, avec une acuité particulière dans celles qui décrivent les violences auxquelles le corps des femmes peut être exposé. Le bleu est très souvent présent dans ces chansons pour désigner les traces des violences laissées sur leur peau. Ces interrogations ont permis de faire émerger deux constantes : la présence du corps, et celle du bleu. La centralité du corps des femmes, de plus en plus étudiée dans les écrits féministes contemporains, s’observe également dans les chansons, avec une acuité particulière dans celles qui décrivent les violences auxquelles le corps des femmes peut être exposé. Le bleu est très souvent présent dans ces chansons pour désigner les traces des violences laissées sur leur peau. Les blessures au corps sont plus fréquemment chantées que les autres types de violences, notamment les violences psychologiques, plus difficiles à incarner. Chanter les maltraitances éloigne la chanson de sa fonction de divertissement pour la rendre plus politique et susciter de l’empathie ou de la colère. Ces chansons peuvent être interprétées comme autant de témoignages et sont aussi la marque d’un changement de la place dévolue dans l’espace public à l’expression des corps et des colères des femmes – un changement auquel la chanson contribue pleinement.
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