Orphée baro/queer

Cet article propose une analyse queer de l’un des personnages les plus significatifs de l’opéra baroque, Orphée, à travers des oeuvres lyriques de compositeurs comme Peri, Caccini, Monteverdi, Landi, Rossi, Louis Lully, Telemann et Gluck. Dans un premier temps, on observera comment le matériau mythi...

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Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/transposition,
Hovedforfatter: Legrand, Raphaëlle
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Transposition 2013
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling openedition-oai:revues.org:transposition_135 https://doi.org/10.4000/transposition.135 urn:doi:10.4000/transposition.135 fr https://journals.openedition.org/transposition/135 2013-07-02T02:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/lm9l https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/ Orphée baro/queer Transposition Éditions de l’EHESS info:eu-repo/semantics/reference/issn/2110-6134 URI:https://journals.openedition.org/transposition Legrand, Raphaëlle voix opéra castrat contre-ténor performance de genre Orphée technologie du genre travesti Caccini Gluck Landi mezzo-soprano Peri Rossi Telemann Louis Lully voice opera castrato countertenor gender performance Orpheus technology of gender travesty role Caccini Gluck Landi mezzo-soprano Peri Rossi Telemann Louis Lully Cet article propose une analyse queer de l’un des personnages les plus significatifs de l’opéra baroque, Orphée, à travers des oeuvres lyriques de compositeurs comme Peri, Caccini, Monteverdi, Landi, Rossi, Louis Lully, Telemann et Gluck. Dans un premier temps, on observera comment le matériau mythique puisé dans Ovide et Virgile est resserré et moralisé afin de se couler dans les convenances du genre lyrique. La violence à l’encontre des femmes, ou exercée par elles, tout comme la bisexualité d’Orphée sont voilées mais subsistent à l’état de sous-texte intelligible. Elles servent d’ailleurs à construire Orphée en tant qu’« homme », pour reprendre la position de Wittig. Dans cette « technologie du genre » (T. de Lauretis), les dénouements heureux ou malheureux des opéras orphiques éclairent les représentations hétérosexuelles ou homosexuelles du personnage, depuis le néo-platonisme de la Renaissance jusqu’aux Lumières. Aujourd’hui, les interprétations scéniques de ces opéras mettent en œuvre une véritable « performance de genre » (J. Butler) de par la multiplicité des tessitures attribuées à Orphée (baryton, ténor, alto ou soprano castrato, mezzo-soprano féminin et contre-ténor) et l’éventualité du travesti. L’actuelle compétition entre les chanteuses et les chanteurs pour le rôle-titre de l’opéra de Gluck se fonde sur une méconnaissance de la place des femmes dans les distributions de l’époque baroque et sur la construction d’un véritable mythe à partir de la figure historique du castrat. Quoi qu’il en soit, les opéras orphiques du répertoire offrent encore un terrain propice pour faire entendre des voix subversives. Orpheus is a very significant character in baroque opera. This article uses the queer approach to analyse it in the works of such composers as Peri, Caccini, Monteverdi, Landi, Rossi, Louis Lully, Telemann and Gluck. First, it considers how the mythical material from Ovid and Virgil is reduce and moralised to fit the decorum of operatic genre. Even though the violence suffered and acted by women is understated, as is the bisexuality of Orpheus, the subtext is intelligible. Moreover, as Wittig put it, they help construct Orpheus as a “man”. According to this “technology of gender” (T. de Lauretis), the tragic or happy outcome of these operas shed some light on the heterosexual/homosexual representation of the character from neo-platonist Renaissance to Enlightenment. Today, scenic interpretations involve a real “gender performance” (J. Butler) in order to deal with the wide range of voices attributed to Orpheus (baritone, tenor, alto or soprano castrato, female mezzo-soprano, countertenor) and with travesty roles. The present-day competition between female and male singer for the title role of Gluck’s opera is rooted in a misinterpretation of the place of female singers in baroque era and in a very recent myth of the castrato figure. Nevertheless, subversive voices can still be heard, in the orphic operas of the traditional repertoire.
collection OpenEdition Journal
language Français
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Orphée baro/queer
description Cet article propose une analyse queer de l’un des personnages les plus significatifs de l’opéra baroque, Orphée, à travers des oeuvres lyriques de compositeurs comme Peri, Caccini, Monteverdi, Landi, Rossi, Louis Lully, Telemann et Gluck. Dans un premier temps, on observera comment le matériau mythique puisé dans Ovide et Virgile est resserré et moralisé afin de se couler dans les convenances du genre lyrique. La violence à l’encontre des femmes, ou exercée par elles, tout comme la bisexualité d’Orphée sont voilées mais subsistent à l’état de sous-texte intelligible. Elles servent d’ailleurs à construire Orphée en tant qu’« homme », pour reprendre la position de Wittig. Dans cette « technologie du genre » (T. de Lauretis), les dénouements heureux ou malheureux des opéras orphiques éclairent les représentations hétérosexuelles ou homosexuelles du personnage, depuis le néo-platonisme de la Renaissance jusqu’aux Lumières. Aujourd’hui, les interprétations scéniques de ces opéras mettent en œuvre une véritable « performance de genre » (J. Butler) de par la multiplicité des tessitures attribuées à Orphée (baryton, ténor, alto ou soprano castrato, mezzo-soprano féminin et contre-ténor) et l’éventualité du travesti. L’actuelle compétition entre les chanteuses et les chanteurs pour le rôle-titre de l’opéra de Gluck se fonde sur une méconnaissance de la place des femmes dans les distributions de l’époque baroque et sur la construction d’un véritable mythe à partir de la figure historique du castrat. Quoi qu’il en soit, les opéras orphiques du répertoire offrent encore un terrain propice pour faire entendre des voix subversives.
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