L’estime professionnelle selon E C. Hughes
Le présent article opère un retour sur la sociologie hughesienne des professions, où il cherche des éléments utiles à lester empiriquement la théorie honnethienne de la troisième sphère de la reconnaissance. Hughes, qui s’inscrit dans la continuité de la première tradition anthropo-sociologique de C...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/teth, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Terrains/Théories
2016
|
| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| id |
openedition-oai:revues.org:teth_694 |
|---|---|
| record_format |
openedition |
| collection |
OpenEdition Journal |
| language |
Français |
| format |
Article ou chapitre numérique |
| building |
0/Bibliothèque numérique/ 1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/ |
| topic |
recognition status Chicago School Everett Hughes occupation sociology reconnaissance statut École de Chicago Everett Hughes profession sociologie |
| spellingShingle |
recognition status Chicago School Everett Hughes occupation sociology reconnaissance statut École de Chicago Everett Hughes profession sociologie Lanher, Simon L’estime professionnelle selon E C. Hughes |
| description |
Le présent article opère un retour sur la sociologie hughesienne des professions, où il cherche des éléments utiles à lester empiriquement la théorie honnethienne de la troisième sphère de la reconnaissance. Hughes, qui s’inscrit dans la continuité de la première tradition anthropo-sociologique de Chicago, considère en effet que l’identité et la personnalité de l’acteur se constituent au gré des interactions de ce dernier avec ses milieux sociaux d’inscription. Selon cet auteur, la reconnaissance du statut, de l’activité et de la valeur du travailleur est, dans les sociétés occidentales modernes, un élément clé de ce processus. Il s’agit ici plus particulièrement de revenir sur ce que Hughes, et avec lui la sociologie des professions, qualifient de « processus de professionnalisation » : une profession, c’est-à-dire une activité de service reconnue et prisée au sein d’une société, n’apparaît pas d’un coup, mais est construite collectivement par les acteurs qui l’exercent, qui plus est au gré d’un processus typique dont il est possible de décrire formellement les étapes. Hughes développe en outre la thèse selon laquelle l’estime attachée à une profession doit autant, si ce n’est plus, aux caractéristiques intrinsèques de l’activité, qu’aux efforts déployés collectivement par les acteurs pour un imposer une image favorable auprès du public. La constitution d’une profession présente en d’autres termes, sous certains rapports, les aspects d’une lutte pour la reconnaissance. On verra enfin que Hughes développe un point de vue distancié sur le pouvoir et le prestige des « grandes » professions, qui permet de donner aux acteurs subissant ce pouvoir (notamment aux professionnels et travailleurs subordonnés aux « grandes » professions) quelques outils critiques et quelques pistes pour obtenir la reconnaissance de leur activité. |
| author |
Lanher, Simon |
| author_facet |
Lanher, Simon |
| author_sort |
Lanher, Simon |
| title |
L’estime professionnelle selon E C. Hughes |
| title_short |
L’estime professionnelle selon E C. Hughes |
| title_full |
L’estime professionnelle selon E C. Hughes |
| title_fullStr |
L’estime professionnelle selon E C. Hughes |
| title_full_unstemmed |
L’estime professionnelle selon E C. Hughes |
| title_sort |
l’estime professionnelle selon e c. hughes |
| publisher |
Terrains/Théories |
| publishDate |
2016 |
| container_title |
URI:https://journals.openedition.org/teth |
| url |
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.4000/teth.694 https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://journals.openedition.org/teth/694 |
| _version_ |
1877242517497315328 |
| spelling |
openedition-oai:revues.org:teth_694 https://doi.org/10.4000/teth.694 urn:doi:10.4000/teth.694 fr https://journals.openedition.org/teth/694 2016-09-06T02:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/legd https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/ L’estime professionnelle selon E C. Hughes Terrains/Théories Presses universitaires de Paris Nanterre info:eu-repo/semantics/reference/issn/2427-9188 URI:https://journals.openedition.org/teth Lanher, Simon recognition status Chicago School Everett Hughes occupation sociology reconnaissance statut École de Chicago Everett Hughes profession sociologie Le présent article opère un retour sur la sociologie hughesienne des professions, où il cherche des éléments utiles à lester empiriquement la théorie honnethienne de la troisième sphère de la reconnaissance. Hughes, qui s’inscrit dans la continuité de la première tradition anthropo-sociologique de Chicago, considère en effet que l’identité et la personnalité de l’acteur se constituent au gré des interactions de ce dernier avec ses milieux sociaux d’inscription. Selon cet auteur, la reconnaissance du statut, de l’activité et de la valeur du travailleur est, dans les sociétés occidentales modernes, un élément clé de ce processus. Il s’agit ici plus particulièrement de revenir sur ce que Hughes, et avec lui la sociologie des professions, qualifient de « processus de professionnalisation » : une profession, c’est-à-dire une activité de service reconnue et prisée au sein d’une société, n’apparaît pas d’un coup, mais est construite collectivement par les acteurs qui l’exercent, qui plus est au gré d’un processus typique dont il est possible de décrire formellement les étapes. Hughes développe en outre la thèse selon laquelle l’estime attachée à une profession doit autant, si ce n’est plus, aux caractéristiques intrinsèques de l’activité, qu’aux efforts déployés collectivement par les acteurs pour un imposer une image favorable auprès du public. La constitution d’une profession présente en d’autres termes, sous certains rapports, les aspects d’une lutte pour la reconnaissance. On verra enfin que Hughes développe un point de vue distancié sur le pouvoir et le prestige des « grandes » professions, qui permet de donner aux acteurs subissant ce pouvoir (notamment aux professionnels et travailleurs subordonnés aux « grandes » professions) quelques outils critiques et quelques pistes pour obtenir la reconnaissance de leur activité. In this paper, I reflect upon Hughes’s sociology of professions, in which I shall look for elements that would give Honneth’s theory of the third sphere of recognition an empirical basis. According to Hughes’ writings, that extend the anthropo-sociological tradition of the first Chicago school, both the identity and the personality of the actor are progressively constructed by the social environment with which he interacts. Among the factors that contribute to this self-construction process, Hughes emphasizes the importance of the recognition of the status, the activity and the value of the worker. My goal here is to analyze the notion of “professionalization process”, developed both in Hughes writings and in the sociological literature dealing with the question of work. By “professionalization process” is meant that a profession - i.e. any activity that is recognized as valuable within a society - doesn’t appear at once: it is constructed little by little by the very actors that practice it throughout a typical process which can be formally described. Moreover, Hughes puts forward the idea that the value attached to a given activity depends as much - if no more - on the collective efforts made to make it look good to the public, as it depends on the intrinsic features of the profession. In other words, the process corresponding to the constitution of a profession might very well be considered as a struggle for recognition. In the final part, we shall see that Hughes proposes a critical analysis of the power and prestige attached to “high level” professions, thus providing critical tools that shall help professional workers who have to undergo this power obtaining recognition for their activity. |