L’identité et ses dilemmes
Le présent article vise à montrer que la question de l’identité admet deux approches différentes : pour les philosophes d’orientation analytique, l’identité doit s’enraciner dans un support solide, tel qu’un fait concernant l’esprit ou le corps ; pour les constructivistes, l’identité est avant tout...
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Terrains/Théories
2015
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openedition-oai:revues.org:teth_591 https://doi.org/10.4000/teth.591 urn:doi:10.4000/teth.591 fr https://journals.openedition.org/teth/591 2015-10-26T01:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/leg6 https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/ L’identité et ses dilemmes Terrains/Théories Presses universitaires de Paris Nanterre info:eu-repo/semantics/reference/issn/2427-9188 URI:https://journals.openedition.org/teth Sparti, Davide Identity recognition self-recognition Identité reconnaissance auto-reconnaissance Le présent article vise à montrer que la question de l’identité admet deux approches différentes : pour les philosophes d’orientation analytique, l’identité doit s’enraciner dans un support solide, tel qu’un fait concernant l’esprit ou le corps ; pour les constructivistes, l’identité est avant tout le produit d’un contexte social. J’essaie aussi de montrer que l’identité personnelle présuppose un acte de reconnaissance. Cependant, si d’un côté j’insiste sur la nature situationnelle de l’identité, d’un autre côté je veux rendre justice à la relative stabilité de l’individu au sein de contextes sociaux différents, afin de saisir cette présence mobile qu’est l’identité personnelle. Le fait que l’identité personnelle soit une construction n’implique nullement qu’elle n’existe pas, ou qu’elle s’efface et se redessine sans arrêt selon les occasions. D’une part, il faut bien présupposer l’existence d’une pluralité d’actes de reconnaissance ayant permis la formation et la validation d’une identité personnelle se déployant à travers le temps ; de l’autre, force est d’admettre qu’il existe également un processus d’auto-reconnaissance garantissant l’individu contre les risques d’une dérive sans fin à travers différentes formes alternatives. Définie comme une opération qui nous permet de mettre en série et de façon solidaire un certain nombre d’actes de reconnaissance qui nous constituent comme agent responsable de nos choix, l’auto-reconnaissance prouve que la reconnaissance d’une identité n’est pas forcément un processus asymétrique, dans la mesure où nous-mêmes, en tant que personne reconnue, participons en qualité de sujet actif au jeu linguistique de la reconnaissance. After having addressed the question “by what criteria can personal identity be specified?” as this emerges from the current controversy in analytic philosophy, I discuss two alternative answers: the first is Parfit’s, the second is the view according to which identity is formed within collective forms of recognition. Both views are first analyzed in their general versions and subsequently confronted with their limits. While Parfit seems unable to explain who is responsible for establishing the patterns of connectedness among successive selves, the social constructivist view has difficulties in accounting for our subjective specificity. The second part of the paper goes beyond this tension between identity as the inescapable reference to an acting subject and recognition as the intersubjective process which bestows us with sameness in time by introducing the notion of self-recognition Self-recognition is defined as that narrative and selective operation which consists in ascribing a biographical unity to the public recognitions the agent receives, an operation by way of which s/he ‘converts’ social recognition into personal identity. Within this picture, personal identity is not so much a physical or cognitive fact but the product, continuously achieved, of recognition and self-recognition. |
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Le présent article vise à montrer que la question de l’identité admet deux approches différentes : pour les philosophes d’orientation analytique, l’identité doit s’enraciner dans un support solide, tel qu’un fait concernant l’esprit ou le corps ; pour les constructivistes, l’identité est avant tout le produit d’un contexte social. J’essaie aussi de montrer que l’identité personnelle présuppose un acte de reconnaissance. Cependant, si d’un côté j’insiste sur la nature situationnelle de l’identité, d’un autre côté je veux rendre justice à la relative stabilité de l’individu au sein de contextes sociaux différents, afin de saisir cette présence mobile qu’est l’identité personnelle. Le fait que l’identité personnelle soit une construction n’implique nullement qu’elle n’existe pas, ou qu’elle s’efface et se redessine sans arrêt selon les occasions. D’une part, il faut bien présupposer l’existence d’une pluralité d’actes de reconnaissance ayant permis la formation et la validation d’une identité personnelle se déployant à travers le temps ; de l’autre, force est d’admettre qu’il existe également un processus d’auto-reconnaissance garantissant l’individu contre les risques d’une dérive sans fin à travers différentes formes alternatives. Définie comme une opération qui nous permet de mettre en série et de façon solidaire un certain nombre d’actes de reconnaissance qui nous constituent comme agent responsable de nos choix, l’auto-reconnaissance prouve que la reconnaissance d’une identité n’est pas forcément un processus asymétrique, dans la mesure où nous-mêmes, en tant que personne reconnue, participons en qualité de sujet actif au jeu linguistique de la reconnaissance. |
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