Marginalité, ethnicité et pénalité dans la ville néolibérale : une cartographie analytique
Cet article dresse une cartographie analytique du programme de recherche poursuivi au fil de mes trois livres Parias urbains (2006), Punishing the Poor : The Neoliberal Government of Social Insecurity (2009), et Deadly Symbiosis : Race and the Rise of the Penal State (2015). Dans cette trilogie, je...
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
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Revue de l’Institut de Sociologie
2019
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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openedition-oai:revues.org:ris_340 |
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OpenEdition Journal |
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Cet article dresse une cartographie analytique du programme de recherche poursuivi au fil de mes trois livres Parias urbains (2006), Punishing the Poor : The Neoliberal Government of Social Insecurity (2009), et Deadly Symbiosis : Race and the Rise of the Penal State (2015). Dans cette trilogie, je démêle les rapports triangulaires entre fragmentation de classe, division ethnique et remodelage de l’État dans la ville polarisée au tournant du siècle pour rendre compte de la production politique, de la distribution sociospatiale et de la gestion punitive de la marginalité par le couplage de politiques sociales disciplinaires et de politiques de justice neutralisantes. J’indique comment je déploie des notions clef de Pierre Bourdieu (espace social, champ bureaucratique, pouvoir symbolique) pour clarifier des catégories restées floues (telle celle de ghetto) et forger de nouveaux concepts (stigmatisation territoriale et marginalité avancée, contention punitive et libéral-paternalisme, hyperincarcération et sociodicée négative) comme outils pour une sociologie comparée de la genèse inachevée du précariat post-industriel, de la régulation punitive de la pauvreté à l’ère de l’insécurité sociale diffuse et de la construction du Léviathan néolibéral. Intégrer l’étude des permutations contemporaines de la formation de classes, de la domination ethnoraciale et de l’immigration, et de l’État dans un même cadre montre comment la racisation, la pénalisation et la dépolitisation des turbulences urbaines associées à la marginalité avancée se renforcent circulairement sur le continent européen comme aux États-Unis. Ce cadre confirme que le châtiment n’est pas seulement un indicateur saillant de la solidarité sociale, comme le proposait jadis Durkheim, mais aussi une capacité politique et un site crucial pour mettre en scène la souveraineté de l’État comme instance de classification et stratification. Et il révèle la parenté profonde entre race et sanction judiciaire comme formes germaines du déshonneur officiel qui convergent dans la fabrication de parias publics. |
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Wacquant, Loïc |
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