La tension ville/campagne dans les voyages fictifs allemands à la fin du xviiie siècle

Les occurrences de discours paysager à proprement parler sont rares dans les voyages fictifs et plus généralement dans les utopies et contre-utopies de la fin du xviiie siècle. L’auteur de l’article tente avant tout d’analyser l’espace social majoritaire qui ressort des lectures superposées du corpu...

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Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/rgi,
Hovedforfatter: Barbe, Jean-Paul
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Revue germanique internationale 2011
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Français
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description Les occurrences de discours paysager à proprement parler sont rares dans les voyages fictifs et plus généralement dans les utopies et contre-utopies de la fin du xviiie siècle. L’auteur de l’article tente avant tout d’analyser l’espace social majoritaire qui ressort des lectures superposées du corpus. Celui-ci est constitué par des textes souvent peu accessibles et peu étudiés : Seybold : Reizenstein ; Salzmann : Carl von Carlsberg ;Stolberg : Die Insel ;Wezel : Robinson Krusoe ;Jung-Stilling : Das Heimweh ; Bahrdt : Ala Lama ; Rebmann : Briefe über Holland, etc. L’analyse part de l’affect et de l’anathème anti-urbains. La ville est l’objet, par ordre croissant, de contrôle, de limitation, d’enfermement, enfin de destruction ou/et de dilution. L’abolition de l’opposition entre ville et campagne se fait par « l’habitat sporadique ». Cet habitat se caractérise par l’accent mis sur la clôture, sous forme végétale : la haie. Corollairement, l’État utopique nouveau se retranche parfois derrière un noman’s land frontalier végétal. L’habitat urbain, de son côté, est « naturalisé » de deux manières : transposé à la campagne ou conservé dans une ville aérée par des parcs, il valorise les matériaux végétaux (par exemple le bois) et la construction individuelle simple : la hutte. L’article analyse également d’autres discours utopiques, ceux qui proposent par exemple une alternance entre l’isolement et l’agglomération ou ceux qui, dans la vision onirique du voyage aérien, permettent de réconcilier dans une perspective globalisante ville et campagne. Et bien sûr, recours ultime : l’univers de la fiction permet de dépasser le dilemme résidence primaire/résidence secondaire, grâce à la « résidence tertiaire » de l’imagination unificatrice.
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Celui-ci est constitué par des textes souvent peu accessibles et peu étudiés : Seybold : Reizenstein ; Salzmann : Carl von Carlsberg ;Stolberg : Die Insel ;Wezel : Robinson Krusoe ;Jung-Stilling : Das Heimweh ; Bahrdt : Ala Lama ; Rebmann : Briefe über Holland, etc. L’analyse part de l’affect et de l’anathème anti-urbains. La ville est l’objet, par ordre croissant, de contrôle, de limitation, d’enfermement, enfin de destruction ou/et de dilution. L’abolition de l’opposition entre ville et campagne se fait par « l’habitat sporadique ». Cet habitat se caractérise par l’accent mis sur la clôture, sous forme végétale : la haie. Corollairement, l’État utopique nouveau se retranche parfois derrière un noman’s land frontalier végétal. L’habitat urbain, de son côté, est « naturalisé » de deux manières : transposé à la campagne ou conservé dans une ville aérée par des parcs, il valorise les matériaux végétaux (par exemple le bois) et la construction individuelle simple : la hutte. L’article analyse également d’autres discours utopiques, ceux qui proposent par exemple une alternance entre l’isolement et l’agglomération ou ceux qui, dans la vision onirique du voyage aérien, permettent de réconcilier dans une perspective globalisante ville et campagne. Et bien sûr, recours ultime : l’univers de la fiction permet de dépasser le dilemme résidence primaire/résidence secondaire, grâce à la « résidence tertiaire » de l’imagination unificatrice. In den fingierten Reiseberichten und in den Utopien und Gegenutopien des ausgehenden 18. Jahrhunderts sind Landschaftsbeschreibungen relativ selten. In dem vorliegenden Artikel wird vor allem versucht, den sozialen Raum zu analysieren, der sich bei der Lektüre verschiedener Utopieentwürfe dieser Zeit herauskristallisiert. Dabei stützt sich der Autor auf schwer zugängliche und selten untersuchte Texte von Seybold (Reizenstein), Salzmann (Carl von Carlsberg), Stolberg (Die Insel), Wezel (Robinson Krusoe), Jung-Stilling (Das Heimweh), Bahrdt (Ala Lama), Rebmann (Briefe über Holland), usw. Der Artikel geht von der städtefeindlichen Rhetorik dieser Autoren aus. Die ins Auge gefaßten Maßnahmen gehen von der Kontrolle über die Begrenzung, die Einzäunung bis zur gewaltsamen Auflösung bzw. Zerstörung der Stadt. Die Lösung des Gegensatzes zwischen Stadt und Land wird in der fleckenartigen Besiedlung gesucht. Diese Siedlungsform zeichnet sich durch ein Hervorheben der Grundstücksgrenzen aus, insbesondere in der vegetationsnahen Form der Hecken. Gleichzeitig versucht der neue utopische Staat sich oftmals hinter einem der Vegetation preisgegebenen no man’s land zu verschanzen, daß die Funktion der Grenze übernimmt. Die städtischen Wohngebäude hingegen, ob sie nun aufs Land versetzt oder in einer durch Parkanlagen aufgelockerten Stadt belassen werden, werden auf zweierlei Weise « naturalisiert »: durch die Verwendung natürlicher Materialien (z. B. Holz) und durch den Bau einfacher Einzelwohnungen, z. B. in Form der Hütte. Der Autor untersucht ebenfalls andere in den Utopien vorgeschlagene Lösungen (z. B. den Wechsel zwischen dem Leben in der Einsamkeit und dem städtischem Zusammenleben, oder aber die Versöhnung des Gegensatzes zwischen Stadt und Land in der geträumten Zusammensicht des Flugerlebnisses). Schließlich bleibt eine Lösung noch übrig, um dem Dilemma des Gegensatzes zwischen Erst- und Zweitwohnung entgegenzuwirken : es wäre dies die als « Drittwohnung » fungierende Einbildungskraft. The occurrences of discourse on landscape as such are rare in the fictional voyages of the late eighteenth-century and more generally in the Utopias and dystopias of the period. The author of this article is especially interested in analysing the dominant social space which can be reconstructed from readings of the relevant body of texts. These are often not easily available and not much studied: Reizenstein by Seybold, Carl von Carlsberg by Salzmann, Die Insel by Stolberg, Robinson Krusoe by Wezel, Das Heimweh by Jung-Stilling, Ala Lama by Bahrdt, Briefe über Holland by Rebmann, etc. His analysis begins with anti-urban affect and anathema. The city is the object, in order of increasing severity, of limitation, enclosure and finally destruction and/or dilution. The « sporadic habitat » allows the opposition between town and country to be abolished. This habitat is characterised by the emphasis on fences in the form of plants, that is, hedges. As a corollary the new Utopian state sometimes retreats behind a noman’s land, as far as plants are concerned, which forms its frontiers. As for the urban habitat, it is either transposed to the country or conserved in a town dotted with parks, but in both cases naturalised; it prizes vegetable matter (for example wood) and simple individual constructions, such as the hut. The article also analyses other Utopian discourses, those for example which propose an alternation between isolation and agglomeration, or those which, from the bird’s-eye perspective of dreams about flying, reconcile town and country in an all-embracing vision. And of course, as a last resort, the universe of fiction allows us to go beyond the dilemma of the town house vs. the country house, thanks to the « third residence » of the unifying imagination.