Gold in Wright of Derby’s Paintings
Wright of Derby (1734-1797) vivait à une époque de transition entre l’époque des protosciences et celle des Lumières avec sa nouvelle foi dans la science et le progrès. Cet article étudie, dans ce contexte, la portée symbolique de son utilisation de l’or dans ses peintures. La façon dont il envisage...
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Polysèmes
2016
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clair-obscur or peinture britannique fer forgeron alchimie Lumières chiaroscuro gold British painting iron blacksmith alchemy Enlightenment Adrien, Muriel Gold in Wright of Derby’s Paintings |
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Wright of Derby (1734-1797) vivait à une époque de transition entre l’époque des protosciences et celle des Lumières avec sa nouvelle foi dans la science et le progrès. Cet article étudie, dans ce contexte, la portée symbolique de son utilisation de l’or dans ses peintures. La façon dont il envisage cet élément chimique reflète la nature changeante de la notion de valeur à l’époque et la manière dont il conçoit son art. Wright en détourne les usages anciens au profit d’une sécularisation de la lumière et d’une valorisation du travail de l’artisan qui s’initie aux mystères de l’univers et à leur représentation artistique. Certaines peintures de Wright of Derby représentent des scènes qui véhiculent d’anciennes croyances sur l’or, comme L’Alchimiste. En outre, ses représentations de volcans, de topoï telluriques ou autres phénomènes géochimiques évoquent toutes sortes de chemins souterrains, secrets et occultes destinés à découvrir l’or concentré dans le noyau de la Terre. Wright of Derby se tourna aussi vers des thèmes plus modernes : les expériences scientifiques ainsi que la Révolution Industrielle. Dans ses ateliers et forges, le secret de l’aveuglante blancheur de la barre de fer travaillée à chaud, de cette pièce de métal en fusion, est la feuille d’or glissée entre le blanc de plomb et le jaune de Naples. À l’inverse de l’alchimie, l’or est enfin transmué en fer, ainsi consacré par la brillance aurifère. Il s’agit donc de vanter le fer, ce matériau que travaille la main de l’homme, emblème smithien de la Révolution Industrielle et de la richesse anglaise. Les réminiscences religieuses des tableaux qui mettent en scène le fer font apparaître en filigrane l’idée d’une nouvelle transcendance profane.Le chassé-croisé intime de l’obscurantisme et des Lumières est transcrit graphiquement dans le clair-obscur des peintures de Wright of Derby. Ce clair-obscur est mis en valeur par les effets scintillants des cadres Carlo Maratta qui interagissent avec la scène représentée. Comme les cadres, il désigne ce qui doit être vu, qui est précisément ce lien entre ce qui est tapi dans l’ombre et ce qui émerge à la lumière, pour laquelle l’or est une source cachée de visibilité. L’or acquiert ainsi une valeur métapicturale : tout comme la lumière elle-même, il ne peut pas être vu, mais il est ce qui permet la visibilité. Ainsi, cet article verra comment Wright of Derby exploite les usages symboliques de l’or pour mettre en exergue les nouvelles valeurs de son temps et sa propre quête artistique. |
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La façon dont il envisage cet élément chimique reflète la nature changeante de la notion de valeur à l’époque et la manière dont il conçoit son art. Wright en détourne les usages anciens au profit d’une sécularisation de la lumière et d’une valorisation du travail de l’artisan qui s’initie aux mystères de l’univers et à leur représentation artistique. Certaines peintures de Wright of Derby représentent des scènes qui véhiculent d’anciennes croyances sur l’or, comme L’Alchimiste. En outre, ses représentations de volcans, de topoï telluriques ou autres phénomènes géochimiques évoquent toutes sortes de chemins souterrains, secrets et occultes destinés à découvrir l’or concentré dans le noyau de la Terre. Wright of Derby se tourna aussi vers des thèmes plus modernes : les expériences scientifiques ainsi que la Révolution Industrielle. Dans ses ateliers et forges, le secret de l’aveuglante blancheur de la barre de fer travaillée à chaud, de cette pièce de métal en fusion, est la feuille d’or glissée entre le blanc de plomb et le jaune de Naples. À l’inverse de l’alchimie, l’or est enfin transmué en fer, ainsi consacré par la brillance aurifère. Il s’agit donc de vanter le fer, ce matériau que travaille la main de l’homme, emblème smithien de la Révolution Industrielle et de la richesse anglaise. Les réminiscences religieuses des tableaux qui mettent en scène le fer font apparaître en filigrane l’idée d’une nouvelle transcendance profane.Le chassé-croisé intime de l’obscurantisme et des Lumières est transcrit graphiquement dans le clair-obscur des peintures de Wright of Derby. Ce clair-obscur est mis en valeur par les effets scintillants des cadres Carlo Maratta qui interagissent avec la scène représentée. Comme les cadres, il désigne ce qui doit être vu, qui est précisément ce lien entre ce qui est tapi dans l’ombre et ce qui émerge à la lumière, pour laquelle l’or est une source cachée de visibilité. L’or acquiert ainsi une valeur métapicturale : tout comme la lumière elle-même, il ne peut pas être vu, mais il est ce qui permet la visibilité. Ainsi, cet article verra comment Wright of Derby exploite les usages symboliques de l’or pour mettre en exergue les nouvelles valeurs de son temps et sa propre quête artistique. Wright of Derby (1734-1797) lived at a time of transition between a former world of protosciences and the Enlightenment period, with its new faith in science and progress. This article purports to explore how, in this context, his paintings relate to gold: the way he envisaged gold reflects the changing nature of value at the time and conveys his personal conception about art.Wright of Derby did depict former beliefs about all things golden, such as in The Alchemist, whose dark arts were meant to transform base metals into gold. Moreover, his representations of volcanoes and geochemical phenomena conjure up all sorts of subterranean, secretive, telluric and obscure paths meant to lead to the discovery of gold, mainly concentrated in the Earth’s core. Even if some of Wright of Derby’s paintings show he was acquainted with alchemy, he later turned to the depiction of modern themes: scientific experiments as well as the Industrial Revolution. In his blacksmith’s workshops and forges, the central element that is afire is molten metal: iron. Interestingly, the secret behind the exceedingly bright glow of this piece of metal is the sheet of gold between the lead white and the Naples yellow. Gold is finally being transmuted into iron, magnified by the auriferous brightness. More so even than gold, iron had become a highly valuable metal as it accounted for the development of the Industrial Revolution, and therefore Great Britain’s leading position and prestige. This new element is wrought by blacksmiths, wrought by the power of man, rather than by God or underground forces. In the subtext of Wright of Derby’s scenes, replete with religious reminiscences, is the idea of a new profane transcendence.The intimate crisscross of former times thought of as steeped in benightedness and the Enlightenment is transcribed pictorially in the chiaroscuro of Wright of Derby’s paintings, and further enhanced by the glimmering effects of the Carlo Maratta frames, which interact with the represented scene itself. As frames, they designate what is to be seen, which is precisely this connection between what is shrouded in the shade and what surfaces in light, for which gold is a hidden source of visibility. Gold therefore acquires a metapictorial value: just like light itself, it cannot be seen, but it is what allows visibility. This article therefore studies how Wright of Derby capitalized on former symbolic uses of gold to showcase the new values of his time and his own ultimate artistic quest. |