“The primary colour of delight”: Walter Pater and Gold

Le poète irlandais William Sharp se souvient avoir rendu visite à Walter Pater dans son appartement universitaire, lorsqu’un rayon de soleil doré provoqua soudain une longue réflexion sur l’or de la part du critique victorien. En effet, pendant toute sa carrière d’écrivain, Pater ne cesse de méditer...

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প্রধান লেখক: Østermark-Johansen, Lene
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Anglais
প্রকাশিত: Polysèmes 2016
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Østermark-Johansen, Lene
“The primary colour of delight”: Walter Pater and Gold
description Le poète irlandais William Sharp se souvient avoir rendu visite à Walter Pater dans son appartement universitaire, lorsqu’un rayon de soleil doré provoqua soudain une longue réflexion sur l’or de la part du critique victorien. En effet, pendant toute sa carrière d’écrivain, Pater ne cesse de méditer sur ce qu’il appelle « la couleur primaire du délice ». Cet article examine donc le rôle de l’or dans les écrits de Pater afin de cerner les complexités de sa pensée sur le plus pur des métaux. Dans ses essais sur l’art grec, Pater envisage l’or en tant que matériau utilisé en sculpture, comme c’est le cas dans les œuvres retrouvées lors des fouilles de Mycènes réalisées par Heinrich Schliemann en 1874. Mais Pater évoque aussi la sculpture polychrome antique, sujet très controversé à l’époque, et qualifie la langue d’Homère de « chryséléphantine », comme pour lier les arts du langage et de la sculpture. Dans son roman Marius the Epicurean (1885), il fait référence à L’Âne d’or d’Apulée comme le « livre d’or » du personnage principal, tandis que sa nouvelle « Denys l’Auxerrois » représente le personnage dionysien central dans le contexte du mythe classique de l’Âge d’Or tel qu’il est décrit dans l’introduction des Métamorphoses d’Ovide. Dans son essai « The School of Giorgione » (1877), Pater relie les fils d’or de la peinture vénitienne à la toile scandaleuse de J.A.M. Whistler, Nocturne in Black and Gold: The Falling Rocket, et à l’influence de l’art byzantin sur la peinture vénitienne. Qu’il soit considéré comme matière, ligne ou surface, l’or figure chez Pater comme une métaphore et un mythe complexes. Â la fois tangible et intangible, l’or est pour Pater lié à la lumière d’où il tire ses principaux effets esthétiques. Mais s’il évoque la pureté, la vérité et une essence d’origine alchimique, l’or est aussi potentiellement trompeur, ainsi que le critique le suggère en distinguant ce qui est de l’or massif de ce qui est seulement « doré ». Même s’il est vain de chercher à donner une définition unique de l’or dans l’œuvre de Pater, il semble évident que sa réflexion continue sur le sujet rejoint un certain nombre de préoccupations centrales de la fin de l’ère victorienne, en lien avec les découvertes archéologiques récentes, le regain d’intérêt pour la mythologie et les controverses artistiques de cette époque. C’est enfin par son écriture aurifère, distillée et raffinée à force de révisions et polissages, que Pater nous permet de comprendre la signification de l’or à la fin du dix-neuvième siècle.
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Cet article examine donc le rôle de l’or dans les écrits de Pater afin de cerner les complexités de sa pensée sur le plus pur des métaux. Dans ses essais sur l’art grec, Pater envisage l’or en tant que matériau utilisé en sculpture, comme c’est le cas dans les œuvres retrouvées lors des fouilles de Mycènes réalisées par Heinrich Schliemann en 1874. Mais Pater évoque aussi la sculpture polychrome antique, sujet très controversé à l’époque, et qualifie la langue d’Homère de « chryséléphantine », comme pour lier les arts du langage et de la sculpture. Dans son roman Marius the Epicurean (1885), il fait référence à L’Âne d’or d’Apulée comme le « livre d’or » du personnage principal, tandis que sa nouvelle « Denys l’Auxerrois » représente le personnage dionysien central dans le contexte du mythe classique de l’Âge d’Or tel qu’il est décrit dans l’introduction des Métamorphoses d’Ovide. Dans son essai « The School of Giorgione » (1877), Pater relie les fils d’or de la peinture vénitienne à la toile scandaleuse de J.A.M. Whistler, Nocturne in Black and Gold: The Falling Rocket, et à l’influence de l’art byzantin sur la peinture vénitienne. Qu’il soit considéré comme matière, ligne ou surface, l’or figure chez Pater comme une métaphore et un mythe complexes. Â la fois tangible et intangible, l’or est pour Pater lié à la lumière d’où il tire ses principaux effets esthétiques. Mais s’il évoque la pureté, la vérité et une essence d’origine alchimique, l’or est aussi potentiellement trompeur, ainsi que le critique le suggère en distinguant ce qui est de l’or massif de ce qui est seulement « doré ». Même s’il est vain de chercher à donner une définition unique de l’or dans l’œuvre de Pater, il semble évident que sa réflexion continue sur le sujet rejoint un certain nombre de préoccupations centrales de la fin de l’ère victorienne, en lien avec les découvertes archéologiques récentes, le regain d’intérêt pour la mythologie et les controverses artistiques de cette époque. C’est enfin par son écriture aurifère, distillée et raffinée à force de révisions et polissages, que Pater nous permet de comprendre la signification de l’or à la fin du dix-neuvième siècle. The Irish poet William Sharp recalled visiting Walter Pater’s college rooms, when a golden ray of sunlight suddenly provoked a lengthy discourse on gold from the Victorian critic. Pater explored what he called “the primary colour of delight” throughout his thirty years as a writer. This paper maps the range of Pater’s use of gold in his writings in an attempt to capture the complexities of his notion of the purest of metals. In his Greek essays Pater dealt with the purest gold as a material for sculpture as it had recently surfaced in Heinrich Schliemann’s excavations of Mycenae. But he also dealt with the polychrome sculpture of Antiquity and spoke of Homer’s language as “chryselefantine”. He thus addressed the controversial issue of colour in ancient sculpture, while linking sculpture and language by means of the adjective “chryselefantine”. In his novel Marius the Epicurean (1885) Apuleius’ The Golden Ass figured as the protagonist’s “Golden Book”, and in one of his short pieces of fiction Pater’s Dionysian figure Denys l’Auxerrois was framed in the context of the classical myth of the Golden Age, popularly known from the opening of Ovid’s Metamorphoses. In “The School of Giorgione” (1877) the golden threads of Venetian painting relate in a complex manner to J.A.M. Whistler’s controversial Nocturne in Black and Gold: The Falling Rocket and to the influence of Byzantine art on Venetian painting. Gold figures as mass, as line, as surface covering, as composite sculptural material, as an intriguing metaphor and as myth. It is likened to light, and is thus immaterial, and at the same time, it is tangible—whether as a thread in weaving, as surface covering or as solid material, alone or set off by other materials. Its primary aesthetic effect is dependent on light. To Pater gold is pure, truthful, essential—as the result of an alchemical process—and potentially deceptive, as indicated in his distinction between the terms “golden” and “gilded”. It is questionable whether it is at all possible to condense Pater’s use of gold over a long career into any one clear definition, but inevitably his continued reference to the material reflects a range of highly topical late Victorian issues, whether the latest archaeological discoveries, the latest art controversies or the late Victorian interest in myth. Pater’s golden writings, themselves distilled through endless revision and polishing, thus serve as a reflection of the late nineteenth-century concern with gold.