The Ambivalent Meaning of Gold in Victorian Fiction: Golden Hair and Golden Voices in George Eliot’s Silas Marner, Bram Stoker’s “The Secret of the Growing Gold” and George Du Maurier’s Trilby

La signification et le symbolisme de l’or, dans l’Antiquité, dans diverses mythologies du monde, ou dans la Bible, ont toujours été ambivalents car ce métal précieux et inaltérable possède une valeur monétaire et spirituelle. Il symbolise tantôt l’innocence originelle, tantôt l’immortalité et l’élév...

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Auteur principal: Dupeyron-Lafay, Françoise
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Anglais
Publié: Polysèmes 2016
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Anglais
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1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/
topic mythologie
capitalisme
poétique de l’or
ambivalence
valeur monétaire
cupidité
asservissement
réification
déshumanisation
symbolique
spiritualité
métaphore
mythology
capitalism
poetics of gold
ambivalence
monetary value
greed
enslavement
commodification
dehumanization
symbolic
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spellingShingle mythologie
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poétique de l’or
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cupidité
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réification
déshumanisation
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spiritualité
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spirituality
metaphor
Dupeyron-Lafay, Françoise
The Ambivalent Meaning of Gold in Victorian Fiction: Golden Hair and Golden Voices in George Eliot’s Silas Marner, Bram Stoker’s “The Secret of the Growing Gold” and George Du Maurier’s Trilby
description La signification et le symbolisme de l’or, dans l’Antiquité, dans diverses mythologies du monde, ou dans la Bible, ont toujours été ambivalents car ce métal précieux et inaltérable possède une valeur monétaire et spirituelle. Il symbolise tantôt l’innocence originelle, tantôt l’immortalité et l’élévation spirituelle en raison de sa parenté avec le soleil, mais aussi la perfection et l’idéal, ce qui explique la quête de nombreux héros (la toison d’or, les pommes d’or du jardin des Hespérides, l’or du Rhin, etc.). Mais si le soleil est source de vie, il peut aussi brûler et détruire. De même, l’or est un métal parfait mais parfois un cadeau empoisonné qui engendre la cupidité et la discorde. Il peut faire le malheur de l’homme et l’asservir, comme dans la légende du roi Midas, et il peut aussi tuer.Toutes ces valeurs de l’or sont présentes dans l’art et la littérature du XIXe siècle qui comportent de nombreux échos intertextuels des récits mythologiques et bibliques mais se réapproprient cet héritage ancestral et l’adaptent au nouveau contexte esthétique, social, économique et idéologique de l’époque victorienne pour aborder les problèmes contemporains. Les maux engendrés par la nouvelle philosophie capitaliste à l’ère industrielle infléchissent donc le traitement de l’or dans les textes de George Eliot, Bram Stoker et George du Maurier. Dans son essai de 1860, « Les Veines de la richesse », Ruskin s’insurgeait contre l’iniquité du système, et dénonçait les effets déshumanisants et délétères de la nouvelle « économie mercantile » dont certains « trésors » étaient « gorgés de larmes humaines ». Il considérait que « certains types d’or » avaient au soleil « un éclat plus brillant que leur véritable essence ». Cet essai fait se rejoindre le métaphorique (le corps social) et le littéral (le corps des travailleurs) et postule que « la circulation de la richesse d’une nation ressemble à celle du sang dans un corps vivant », annonçant le traitement très métaphorique et métonymique que Eliot, Stoker et du Maurier donnent de l’or, et la façon dont ils soulignent sa valeur et son pouvoir ambigus au sein de la nouvelle culture capitaliste. Dans Silas Marner, dans la nouvelle de Stoker, et dans Trilby, l’or possède une signification concrète et abstraite (symbolique). Au sens propre, comme figuré, il est incarné par les cheveux des personnages féminins (Eliot et Stoker) et par la « voix en or » de Trilby. La poétique complexe mise en œuvre dans les trois textes – l’or qui coule, qui pousse, qui se change en musique, qui devient un creuset alchimique ou une puissance meurtrière – donne toute la mesure de sa complexité. En effet, son humanisation apparente (et sa féminisation) coexistent avec la réification (effective ou potentielle), voire l’instrumentalisation, d’êtres humains, état de fait engendré par la nouvelle économie « mercantile ».
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Il symbolise tantôt l’innocence originelle, tantôt l’immortalité et l’élévation spirituelle en raison de sa parenté avec le soleil, mais aussi la perfection et l’idéal, ce qui explique la quête de nombreux héros (la toison d’or, les pommes d’or du jardin des Hespérides, l’or du Rhin, etc.). Mais si le soleil est source de vie, il peut aussi brûler et détruire. De même, l’or est un métal parfait mais parfois un cadeau empoisonné qui engendre la cupidité et la discorde. Il peut faire le malheur de l’homme et l’asservir, comme dans la légende du roi Midas, et il peut aussi tuer.Toutes ces valeurs de l’or sont présentes dans l’art et la littérature du XIXe siècle qui comportent de nombreux échos intertextuels des récits mythologiques et bibliques mais se réapproprient cet héritage ancestral et l’adaptent au nouveau contexte esthétique, social, économique et idéologique de l’époque victorienne pour aborder les problèmes contemporains. Les maux engendrés par la nouvelle philosophie capitaliste à l’ère industrielle infléchissent donc le traitement de l’or dans les textes de George Eliot, Bram Stoker et George du Maurier. Dans son essai de 1860, « Les Veines de la richesse », Ruskin s’insurgeait contre l’iniquité du système, et dénonçait les effets déshumanisants et délétères de la nouvelle « économie mercantile » dont certains « trésors » étaient « gorgés de larmes humaines ». Il considérait que « certains types d’or » avaient au soleil « un éclat plus brillant que leur véritable essence ». Cet essai fait se rejoindre le métaphorique (le corps social) et le littéral (le corps des travailleurs) et postule que « la circulation de la richesse d’une nation ressemble à celle du sang dans un corps vivant », annonçant le traitement très métaphorique et métonymique que Eliot, Stoker et du Maurier donnent de l’or, et la façon dont ils soulignent sa valeur et son pouvoir ambigus au sein de la nouvelle culture capitaliste. Dans Silas Marner, dans la nouvelle de Stoker, et dans Trilby, l’or possède une signification concrète et abstraite (symbolique). Au sens propre, comme figuré, il est incarné par les cheveux des personnages féminins (Eliot et Stoker) et par la « voix en or » de Trilby. La poétique complexe mise en œuvre dans les trois textes – l’or qui coule, qui pousse, qui se change en musique, qui devient un creuset alchimique ou une puissance meurtrière – donne toute la mesure de sa complexité. En effet, son humanisation apparente (et sa féminisation) coexistent avec la réification (effective ou potentielle), voire l’instrumentalisation, d’êtres humains, état de fait engendré par la nouvelle économie « mercantile ». The meaning and symbolism of gold, in classical Antiquity, in various world mythologies, or in the Bible, have always been ambivalent since it is a precious, stainless metal with both a monetary and a spiritual value. It can stand for primeval innocence, for immortality and spiritual elevation because of its kinship with the sun, and it is associated with perfection and the ideal as many heroes’ quests show (the golden fleece, the golden apples in the garden of the Hesperides, the gold of the Rhine, etc.). But, just as the sun is life-giving, it can also burn and destroy. Likewise, gold, although a perfect metal, can be a poisoned gift with evil or even fatal effects, becoming a source of greed and discord, or the origin of man’s misery and enslavement, as in the legend of King Midas.All these aspects of gold are particularly well illustrated by 19th-century literature and art which not only feature numerous intertextual echoes of mythical and Biblical narratives, but re-appropriate and rework this age-old fund to address contemporary problems, within the new aesthetic, social, economic and ideological contexts. The capitalistic ethos and rampant industrialization, with their attendant social and moral evils, form the substratum accounting for the presence and distinctively Victorian treatment of gold in George Eliot’s, Bram Stoker’s and George Du Maurier’s texts. By then, money and capital had become prime movers and the new social conditions were uncongenial to human values such as social justice, the sense of community and personal fulfilment, a state of things denounced by Ruskin in his 1860 essay “The Veins of Wealth”, where he condemned the dehumanizing and deleterious consequences of the “mercantile economy”, claiming that “Some treasures are heavy with human tears, as an ill-stored harvest with untimely rain; and some gold is brighter in sunshine than it is in substance” (251). The essay collapses the metaphoric (the social body) and the literal (workers’ bodies), positing that “the circulation of wealth in a nation resembles that of the blood in a natural body” (247). This prefigures the metaphoric and metonymic treatment of gold by Eliot, Stoker and Du Maurier who highlight its ambiguous power and value within the new capitalistic ideology. In Silas Marner, Stoker’s story, and Trilby, gold has both a concrete and abstract symbolic meaning. It is literally and metaphorically embodied by female characters’ hair (Eliot and Stoker) and by Trilby’s “golden” voice. The complex poetics the three texts mobilize—whereby gold appears as flowing, growing, turned into music, as an alchemical transformer or a fatal agency—gives full justice to its complex meaning since its apparent humanization (and feminization) coexists uneasily with the (actualized or potential) reification, if not commodification, of human beings produced by the new “mercantile” economy.