Dans le feu de la guerre et de l’amour : l’étirement de l’instant chez Hemingway

Qu’il survienne sur le champ de bataille ou dans l’intimité du sujet, l’événement paroxystique, blessure de guerre ou scène érotique, est conçu comme un moment d’« immobilité vive » par Hemingway dans les romans A Farewell to Arms et For Whom the Bell Tolls. Envisagé comme une sortie hors du temps,...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/polysemes,
Autor Principal: Salati, Marie-Odile
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Polysèmes 2017
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Français
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Salati, Marie-Odile
Dans le feu de la guerre et de l’amour : l’étirement de l’instant chez Hemingway
description Qu’il survienne sur le champ de bataille ou dans l’intimité du sujet, l’événement paroxystique, blessure de guerre ou scène érotique, est conçu comme un moment d’« immobilité vive » par Hemingway dans les romans A Farewell to Arms et For Whom the Bell Tolls. Envisagé comme une sortie hors du temps, un instant suspendu entre vie et mort, il met en jeu de multiples formes de conflit entre le mouvement et la stase, tension à laquelle contribue l’interaction entre le mot et l’image dans le texte. Cet article examine les divers procédés employés pour dilater les quelques secondes de temps objectif en une durée subjective démultipliée. Nous soulignerons en un premier temps la spatialisation de la représentation, traditionnellement associée aux arts visuels, par laquelle Hemingway traduit le déroulement temporel en parcours dans l’espace et la synchronie en juxtaposition de plans de type cinématographique. L’attention se portera ensuite sur le processus d’agrégation caractérisant le discours narratif qui s’efforce de rendre l’intensité immatérielle par le poids du quantitatif, accumulant tant les impressions sensorielles que les segments syntaxiques, de sorte que l’instant est immobilisé par le biais paradoxal de la progression discursive. Il sera enfin montré que l’« immobilité vive » résulte de courts-circuits du sens, lorsque des significations contradictoires tirent simultanément en direction de l’immobilité et du mouvement, ou que le dit du texte est subverti par le souffle de son dire. Un intérêt particulier sera accordé à la répétition, qui, tout en faisant avancer le récit, finit par le figer dans le non-sens.
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