Des guerres culturelles à la guerre civile : les instituts de recherche en histoire de l’art aux États-Unis
Durant le dernier quart du xxe siècle, le nombre des instituts américains de recherche en histoire de l’art n’a cessé de s’étendre. Cette coïncidence historique a exercé une influence majeure sur l’évolution de la discipline, en autorisant les historiens de l’art à poursuivre des projets de recherch...
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Perspective
2016
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| Truy cập trực tuyến: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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financement institut de recherche fondation institute for advanced study research funding foundation Mansfield, Elizabeth Des guerres culturelles à la guerre civile : les instituts de recherche en histoire de l’art aux États-Unis |
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Durant le dernier quart du xxe siècle, le nombre des instituts américains de recherche en histoire de l’art n’a cessé de s’étendre. Cette coïncidence historique a exercé une influence majeure sur l’évolution de la discipline, en autorisant les historiens de l’art à poursuivre des projets de recherche ambitieux, alors même que les conditions économiques et sociales aux États-Unis limitaient le soutien public en faveur de la recherche sur les humanités. Toutefois, les chercheurs en arts visuels n’ont pas tous bénéficié à égale mesure de ces nouvelles institutions. Les chercheurs d’Amérique et d’Europe de l’Ouest ont reçu la plus large part de ce soutien financier, surtout au moment de leur création. Par ailleurs, les travaux dédiés aux œuvres d’art canonique de l’Europe de l’Ouest et de la Méditerranée se sont taillé la part du lion en récoltant l’essentiel des bourses au cours des premières années de cette expansion. La culture visuelle et la recherche sur l’art contemporain se sont trouvées pratiquement exclues à l’origine, de même que les chercheurs travaillant en dehors du courant académique dominant en Europe et en Amérique. Ces tendances initiales ont entraîné un clivage au sein de cette discipline, dont on mesure aujourd’hui seulement les effets sur la pratique de l’histoire de l’art aux États-Unis. S’il n’est pas certain que ce fossé puisse être comblé, les tentatives menées pour corriger cette orientation nécessiteront l’engagement des principaux instituts de recherche américains : le Getty Research Institute, le CASVA, le Yale Center for British Art ainsi que les Research and Academic Programs (RAP) du Clark Art Institute. |
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Cette coïncidence historique a exercé une influence majeure sur l’évolution de la discipline, en autorisant les historiens de l’art à poursuivre des projets de recherche ambitieux, alors même que les conditions économiques et sociales aux États-Unis limitaient le soutien public en faveur de la recherche sur les humanités. Toutefois, les chercheurs en arts visuels n’ont pas tous bénéficié à égale mesure de ces nouvelles institutions. Les chercheurs d’Amérique et d’Europe de l’Ouest ont reçu la plus large part de ce soutien financier, surtout au moment de leur création. Par ailleurs, les travaux dédiés aux œuvres d’art canonique de l’Europe de l’Ouest et de la Méditerranée se sont taillé la part du lion en récoltant l’essentiel des bourses au cours des premières années de cette expansion. La culture visuelle et la recherche sur l’art contemporain se sont trouvées pratiquement exclues à l’origine, de même que les chercheurs travaillant en dehors du courant académique dominant en Europe et en Amérique. Ces tendances initiales ont entraîné un clivage au sein de cette discipline, dont on mesure aujourd’hui seulement les effets sur la pratique de l’histoire de l’art aux États-Unis. S’il n’est pas certain que ce fossé puisse être comblé, les tentatives menées pour corriger cette orientation nécessiteront l’engagement des principaux instituts de recherche américains : le Getty Research Institute, le CASVA, le Yale Center for British Art ainsi que les Research and Academic Programs (RAP) du Clark Art Institute. American institutes for advanced research in art history proliferated in the final quarter of the twentieth century. This historical coincidence had a profound effect on the development of the discipline, enabling art historians to pursue ambitious research agendas even as economic and political conditions in the United States undermined public support for humanities scholarship. Yet, scholars of the visual arts benefitted unevenly from these new institutions. American and Western European researchers secured the greatest support, especially initially. Likewise, scholarship devoted to canonical artworks of Western Europe and the Mediterranean received the lion’s share of support in the early years of this boom time. Visual culture and contemporary art studies were mostly excluded at the outset, as were scholars working outside mainstream European and American academic networks. These early tendencies contributed to a disciplinary bifurcation that is only now registering its full impact on the practice of art history in the United States. Whether this rift can be mended is uncertain, and attempts at restoring the breach will involve America’s major research institutes: the Getty Research Institute, CASVA, the Yale Center for British Art, and the Clark Art Institute’s Research and Academic Programs. Während des letzten Viertels des 20. Jahrhunderts hat sich die Zahl der amerikanischen Forschungsinstitute im Bereich der Kunstgeschichte vervielfacht. Dieses historisch signifikante Phänomen hat einen starken Einfluss auf die Entwicklung des Fachs ausgeübt, indem Kunsthistoriker nunmehr ambitionierte Forschungsprojekte durchführen konnten, obwohl die sozialen und wirtschaftlichen Bedingungen der USA eine öffentliche Unterstützung der Geisteswissenschaften einschränkten. Allerdings haben die verschiedenen Kunstwissenschaftler nicht in gleichem Maß die Unterstützung dieser neuen Institutionen genossen. Amerikanische und westeuropäische Forscher haben den größten Anteil der finanziellen Unterstützung, vor allem in der Anfangsphase der neuen Institute, erhalten. Während der ersten Jahre dieser Expansion ging der Löwenanteil in Form von Stipendien besonders an die Arbeiten, die sich mit kanonisierten Kunstwerken der Kunstgeschichte Westeuropas und des Mittelmeers beschäftigten. Bildwissenschaften sowie Forschungen zur zeitgenössischen Kunst waren dabei jedoch praktisch von Anfang an ausgeschlossen, so wie auch Wissenschaftler, die nicht im europäisch und amerikanisch dominierten akademischen Fahrwasser verankert waren. Diese Ausgangssituation hat zu einer Spaltung innerhalb des Fachs geführt, deren Auswirkungen auf die kunstwissenschaftliche Praxis in den USA erst heute wirklich zutage treten. Auch wenn nicht sicher ist, dass diese Kluft überwunden werden kann, sind die Versuche, diese Orientierung zu korrigieren, vor allem vom Engagement der amerikanischen Hauptforschungsinstitute abhängig: das Getty Research Institute, das CASVA, das Yale Center for British Art sowie das Research and Academic Programs (RAP) des Clark Art Institute. Nell’ultimo quarto del ventesimo secolo, il numero di istituti americani di ricerca in storia dell’arte è aumentato senza sosta. Questa coincidenza storica ha esercitato un’influenza considerevole sull’evoluzione della disciplina: essa ha infatti incoraggiato gli storici dell’arte ad intraprendere progetti di ricerca ambiziosi, allorché le condizioni economiche e sociali negli Stati Uniti limitavano il sostegno pubblico a favore delle scienze umane. Ciononostante, non tutti gli studiosi di arti visive hanno beneficiato allo stesso modo delle nuove istituzioni. I ricercatori dell’America e dell’Europa dell’Ovest hanno ricevuto la maggior parte degli aiuti finanziari, soprattutto al momento di creazione degli istituti. Peraltro, i lavori consacrati alle opere d’arte canoniche dell’Europa dell’Ovest e del Mediterraneo hanno fatto la parte del leone, poiché hanno ottenuto la maggior parte delle borse nel corso dei primi anni. La cultura visiva e la ricerca in arte contemporanea si sono trovate praticamente escluse agli inizi, come pure lo sono stati i ricercatori attivi al di fuori di questa corrente accademica, che dominava in Europa e in America. Queste tendenze iniziali hanno generato una rottura in seno alla disciplina, di cui si misurano soltanto oggi gli effetti sulla pratica della storia dell’arte negli Stati Uniti. Se non è certo che questo fossato possa essere colmato, i tentativi condotti per correggere questi orientamenti avranno bisogno dell’appoggio dei principali istituti di ricerca americani: il Getty Research Institute, il CASVA, lo Yale Center for British Art come pure i Research and Academic Programs (RAP) del Clark Art Institute. Durante el último cuarto del siglo xx no ha dejado de crecer el número de los institutos estadounidenses de investigación en historia del arte. Esa coincidencia histórica ha ejercido una influencia relevante en la evolución de la disciplina, permitiendo a los historiadores del arte llevar a cabo ambiciosos proyectos de investigación cuando las condiciones económicas y sociales en los Estados Unidos limitaban el apoyo público de la investigación sobre humanidades. Sin embargo, no todos los investigadores en artes visuales se han beneficiado de dichas nuevas instituciones en la misma medida. Los norteamericanos y europeos del Oeste recibieron la mayor parte de dicho sostén financiero, sobre todo en el momento de su creación. Por otra parte, los trabajos dedicados a las obras de arte canónico de Europa del Oeste y el Mediterráneo fueron los grandes ganadores al cobrar casi la totalidad de las becas en los primeros años de su expansión. La cultura visual y la investigación sobre el arte contemporáneo prácticamente quedaron excluidas desde un principio, así como los investigadores que trabajaban fuera de la corriente académica dominante en Europa y en América. Esas tendencias iniciales han conllevado un clivaje dentro de la disciplina, cuyos efectos en la práctica de la historia del arte en los Estados Unidos sólo se llegan a evaluar ahora. Si nada asegura que la fractura pueda repararse, las tentativas emprendidas para rectificar aquella orientación necesitarán el compromiso de los principales institutos de investigación estadounidenses: el Getty Research Institute, el CASVA, el Yale Center for British Art, así como los Research and Academic Programs (RAP) del Clark Art Institute. |