La reprise de l’histoire. Révisions du récit national dans les œuvres de Titus Kaphar, Sonya Clark et Fabiola Jean-Louis
Cet article examine le travail de trois artistes africains-américains contemporains, Sonya Clark, Titus Kaphar et Fabiola Jean-Louis, dont les œuvres réécrivent l’histoire et l’histoire de l’art américaines entre toile et texte. Chez ces artistes, le récit opère toujours un retour, une redite, une...
Gardado en:
| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/perspective, |
|---|---|
| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Perspective
2022
|
| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| id |
openedition-oai:revues.org:perspective_28335 |
|---|---|
| record_format |
openedition |
| collection |
OpenEdition Journal |
| language |
Français |
| format |
Article ou chapitre numérique |
| building |
0/Bibliothèque numérique/ 1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/ |
| topic |
pouvoir mémoire photographie peinture ironie textile histoire nationale roman national expérience déconstruction réécriture art africain-américain tradition artistique réappropriation matière symboles contre-récit power photography painting irony memory textile national history national narrative experience deconstruction rewriting African-American art artistic tradition reappropriation matter symbols counter-narrative |
| spellingShingle |
pouvoir mémoire photographie peinture ironie textile histoire nationale roman national expérience déconstruction réécriture art africain-américain tradition artistique réappropriation matière symboles contre-récit power photography painting irony memory textile national history national narrative experience deconstruction rewriting African-American art artistic tradition reappropriation matter symbols counter-narrative Valance, Hélène La reprise de l’histoire. Révisions du récit national dans les œuvres de Titus Kaphar, Sonya Clark et Fabiola Jean-Louis |
| description |
Cet article examine le travail de trois artistes africains-américains contemporains, Sonya Clark, Titus Kaphar et Fabiola Jean-Louis, dont les œuvres réécrivent l’histoire et l’histoire de l’art américaines entre toile et texte. Chez ces artistes, le récit opère toujours un retour, une redite, une révision qui se développe notamment dans la reprise ironique d’images familières. Ici la tradition textile, en elle-même riche d’histoire(s), est redéployée pour déchirer, couvrir, ou encore travestir le roman national et son imagerie. Alors que les performances de Clark procèdent à un détricotage littéral de l’histoire nationale, Kaphar enveloppe des œuvres du canon américain pour leur conférer une nouvelle épaisseur, tandis que Jean-Louis donne corps au papier pour replacer des figures de femmes noires dans la tradition visuelle occidentale. Chacun de leurs gestes « retextualise » les épisodes connus de l’histoire familière des États-Unis, et contribue à étoffer le récit du roman national. |
| author |
Valance, Hélène |
| author_facet |
Valance, Hélène |
| author_sort |
Valance, Hélène |
| title |
La reprise de l’histoire. Révisions du récit national dans les œuvres de Titus Kaphar, Sonya Clark et Fabiola Jean-Louis |
| title_short |
La reprise de l’histoire. Révisions du récit national dans les œuvres de Titus Kaphar, Sonya Clark et Fabiola Jean-Louis |
| title_full |
La reprise de l’histoire. Révisions du récit national dans les œuvres de Titus Kaphar, Sonya Clark et Fabiola Jean-Louis |
| title_fullStr |
La reprise de l’histoire. Révisions du récit national dans les œuvres de Titus Kaphar, Sonya Clark et Fabiola Jean-Louis |
| title_full_unstemmed |
La reprise de l’histoire. Révisions du récit national dans les œuvres de Titus Kaphar, Sonya Clark et Fabiola Jean-Louis |
| title_sort |
la reprise de l’histoire. révisions du récit national dans les œuvres de titus kaphar, sonya clark et fabiola jean-louis |
| publisher |
Perspective |
| publishDate |
2022 |
| container_title |
URI:https://journals.openedition.org/perspective |
| url |
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.4000/perspective.28335 https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://journals.openedition.org/perspective/28335 |
| _version_ |
1877293041160552448 |
| spelling |
openedition-oai:revues.org:perspective_28335 https://doi.org/10.4000/perspective.28335 urn:doi:10.4000/perspective.28335 fr https://journals.openedition.org/perspective/28335 2022-10-24T02:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/iy2z All rights reserved La reprise de l’histoire. Révisions du récit national dans les œuvres de Titus Kaphar, Sonya Clark et Fabiola Jean-Louis Perspective Institut national d'histoire de l'art info:eu-repo/semantics/reference/issn/2269-7721 info:eu-repo/semantics/reference/issn/1777-7852 URI:https://journals.openedition.org/perspective Valance, Hélène pouvoir mémoire photographie peinture ironie textile histoire nationale roman national expérience déconstruction réécriture art africain-américain tradition artistique réappropriation matière symboles contre-récit power photography painting irony memory textile national history national narrative experience deconstruction rewriting African-American art artistic tradition reappropriation matter symbols counter-narrative États-Unis Cet article examine le travail de trois artistes africains-américains contemporains, Sonya Clark, Titus Kaphar et Fabiola Jean-Louis, dont les œuvres réécrivent l’histoire et l’histoire de l’art américaines entre toile et texte. Chez ces artistes, le récit opère toujours un retour, une redite, une révision qui se développe notamment dans la reprise ironique d’images familières. Ici la tradition textile, en elle-même riche d’histoire(s), est redéployée pour déchirer, couvrir, ou encore travestir le roman national et son imagerie. Alors que les performances de Clark procèdent à un détricotage littéral de l’histoire nationale, Kaphar enveloppe des œuvres du canon américain pour leur conférer une nouvelle épaisseur, tandis que Jean-Louis donne corps au papier pour replacer des figures de femmes noires dans la tradition visuelle occidentale. Chacun de leurs gestes « retextualise » les épisodes connus de l’histoire familière des États-Unis, et contribue à étoffer le récit du roman national. This article examines the activity of three contemporary African-American artists, Sonya Clark, Titus Kaphar and Fabiola Jean-Louis, whose artworks rewrite American history and art history between canvas and text. Their narratives always entail a return, a repetition, a revision, especially through the ironic reappropriation of familiar images. The textile tradition, which is itself rich in (hi)stories, is now utilised to tear apart, cover over or travesty the national saga and its imagery. Clark’s performances literally unravel the national history, while Kaphar wraps artworks from the American canon to give them a new density and Jean-Louis’s paper sculptures give figures of Black women their rightful place in the Western visual tradition. Each of their gestures “retextualises” the known episodes of the familiar history of the United States and helps to expand the narrative of the national saga. Dieser Artikel untersucht die Arbeit der drei zeitgenössischen afro-amerikanischen Künstler und Künstlerinnen Sonya Clark, Titus Kaphar und Fabiola Jean-Louis, deren Arbeiten die US-amerikanische Geschichte und Kunstgeschichte im Spannungsfeld von Leinwand, Stoff und Text umschreiben. Die Erzählungen dieser Künstler und Künstlerinnen bewerkstelligen stets eine Wiederkehr, eine Wiederholung, eine Umarbeitung, insbesondere durch den ironischen Rückgriff auf einschlägige Bilder. Die an sich schon an Geschichte(n) reiche textile Tradition wird hier neu aufgerollt, um das allgemeingültige Narrativ über die Vergangenheit der Nation und die damit verbundene Vorstellungswelt in Stücke zu reißen, mit anderem Stoff zu bedecken oder zu verkleiden. Während Clarks Performances die Geschichte des Landes richtiggehend auftrennen, ummantelt Kaphar die Werke des US-amerikanischen Kanons und verleiht ihnen eine bis dahin ungekannte Komplexität. Fabiola Jean-Louis wiederum gibt mit Papierkörpern schwarzen Frauen den ihnen zustehenden Platz in der westlichen Bildtradition zurück. Jede ihrer Gesten „retextualisiert“ berühmte Episoden aus dem gängigen Narrativ der USA und trägt dazu bei, die Nationalerzählung zu einem vielschichtigeren Stoff zu weben. Questo articolo esamina il lavoro di tre artisti afroamericani contemporanei, Sonya Clark, Titus Kaphar e Fabiola Jean-Louis, le cui opere riscrivono la storia e la storia dell’arte americane tra tela e testo. In questi artisti, la narrazione opera sempre un ritorno, una ripetizione, una revisione che si sviluppa in particolare nella riscrittura ironica di immagini familiari. Qui la tradizione tessile, di per sé ricca di storia/e, viene reimpiegata per strappare, coprire o addirittura mascherare il romanzo nazionale e il suo immaginario. Mentre le performance di Clark disfano letteralmente la trama della storia nazionale, Kaphar avvolge opere del canone americano per dar loro un nuovo spessore, mentre Jean-Louis dà corpo alla carta per collocare le figure delle donne nere nella tradizione visiva occidentale. Ognuno dei loro gesti “ritestualizza” episodi familiari della storia americana e contribuisce a dare corpo alla narrazione della storia nazionale. Este artículo examina el trabajo de tres artistas africano-americanos contemporáneos, Sonya Clark, Titus Kaphar y Fabiola Jean-Louis, cuyas obras, entre el lienzo y el texto, reescriben la historia y la historia del arte americano. En sus obras el relato opera siempre a través de un regreso, de una repetición, de una revisión que se desarrolla sobre todo rescatando de manera irónica imágenes familiares. Aquí, la tradición textil, en sí misma rica de historia(s), es desplegada para desgarrar, cubrir o incluso travestir el relato nacional y su imaginería. Mientras que los performances de Clark literalmente destejen la historia nacional, Kaphar envuelve las obras del canon americano para conferirles un nuevo espesor, y Jean-Louis da cuerpo al papel para relocalizar figuras de mujeres negras en la tradición visual occidental. Cada uno de sus gestos “retextualiza” episodios conocidos de la historia de los Estados Unidos y contribuye a dar cuerpo a la narración del relato nacional. |