Récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. La redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique
La publication de l’article fondateur de Laura Mulvey « Visual Pleasure and Narrative Cinema » (1975) a ouvert la voie à l’examen des relations entre le genre comme question politique et le récit du cinéma au sein des études cinématographiques. En Grande-Bretagne, celles-ci se sont développées – au...
Сохранить в:
| Опубликовано в: : | URI:https://journals.openedition.org/perspective, |
|---|---|
| Главный автор: | |
| Формат: | Article ou chapitre numérique |
| Язык: | Français |
| Опубликовано: |
Perspective
2022
|
| Предметы: | |
| Online-ссылка: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| id |
openedition-oai:revues.org:perspective_28233 |
|---|---|
| record_format |
openedition |
| collection |
OpenEdition Journal |
| language |
Français |
| format |
Article ou chapitre numérique |
| building |
0/Bibliothèque numérique/ 1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/ |
| topic |
identité idéologie politique corps film critique genres fiction récit regard identification études cinématographiques normes narration déconstruction cinéma expérimental art vidéo conte de fées horreur culture dominante identity ideology politics body film critique fiction gaze narrative identification narration experimental cinema video art film studies genders fairy tale horror standards dominant culture deconstruction |
| spellingShingle |
identité idéologie politique corps film critique genres fiction récit regard identification études cinématographiques normes narration déconstruction cinéma expérimental art vidéo conte de fées horreur culture dominante identity ideology politics body film critique fiction gaze narrative identification narration experimental cinema video art film studies genders fairy tale horror standards dominant culture deconstruction Garletti, Elisabetta Récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. La redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique |
| description |
La publication de l’article fondateur de Laura Mulvey « Visual Pleasure and Narrative Cinema » (1975) a ouvert la voie à l’examen des relations entre le genre comme question politique et le récit du cinéma au sein des études cinématographiques. En Grande-Bretagne, celles-ci se sont développées – au point qu’on a pu parler d’une British Film theory – conjointement au cinéma expérimental sur la base d’une méfiance commune envers le récit, perçu comme un instrument de mystification au service de l’idéologie dominante et de l’idéal hétéro-patriarcal. Cet article procède à un réexamen des relations entre récit et genre (au sens politique) à la lumière du « tournant cinématique » qui s’opère depuis les années 1990 dans l’art des images en mouvement. Dès lors que des artistes contemporains délaissent de plus en plus l’esthétique formaliste et anti-illusionniste du premier cinéma expérimental et reviennent aux structures conventionnelles du récit au cinéma, il devient urgent de considérer son potentiel critique. Examinant comment Marianna Simnett et Jamie Crewe s’approprient, respectivement dans The Udder (2014) et dans Ashley (2020), les conventions du conte de fées et du film d’horreur, il s’agit de montrer que le jeu du récit dans les œuvres d’une génération émergente d’artistes britanniques réhabilite les notions longtemps rejetées ou considérées avec suspicion de plaisir du récit et d’identification à celui-ci tout en témoignant des capacités de la narration à subvertir les présupposés sociaux et culturels de la normativité de genre. |
| author |
Garletti, Elisabetta |
| author_facet |
Garletti, Elisabetta |
| author_sort |
Garletti, Elisabetta |
| title |
Récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. La redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique |
| title_short |
Récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. La redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique |
| title_full |
Récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. La redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique |
| title_fullStr |
Récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. La redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique |
| title_full_unstemmed |
Récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. La redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique |
| title_sort |
récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. la redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique |
| publisher |
Perspective |
| publishDate |
2022 |
| container_title |
URI:https://journals.openedition.org/perspective |
| url |
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.4000/perspective.28233 https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://journals.openedition.org/perspective/28233 |
| _version_ |
1877293041155309568 |
| spelling |
openedition-oai:revues.org:perspective_28233 https://doi.org/10.4000/perspective.28233 urn:doi:10.4000/perspective.28233 fr https://journals.openedition.org/perspective/28233 2022-10-24T02:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/iy2y All rights reserved Récit, genre et tournant « cinématique », ou retour au cinéma. La redéfinition des archétypes du conte de fées et de l’horreur dans l’art de l’image en mouvement : l’expérience britannique Perspective Institut national d'histoire de l'art info:eu-repo/semantics/reference/issn/2269-7721 info:eu-repo/semantics/reference/issn/1777-7852 URI:https://journals.openedition.org/perspective Garletti, Elisabetta identité idéologie politique corps film critique genres fiction récit regard identification études cinématographiques normes narration déconstruction cinéma expérimental art vidéo conte de fées horreur culture dominante identity ideology politics body film critique fiction gaze narrative identification narration experimental cinema video art film studies genders fairy tale horror standards dominant culture deconstruction Grande-Bretagne La publication de l’article fondateur de Laura Mulvey « Visual Pleasure and Narrative Cinema » (1975) a ouvert la voie à l’examen des relations entre le genre comme question politique et le récit du cinéma au sein des études cinématographiques. En Grande-Bretagne, celles-ci se sont développées – au point qu’on a pu parler d’une British Film theory – conjointement au cinéma expérimental sur la base d’une méfiance commune envers le récit, perçu comme un instrument de mystification au service de l’idéologie dominante et de l’idéal hétéro-patriarcal. Cet article procède à un réexamen des relations entre récit et genre (au sens politique) à la lumière du « tournant cinématique » qui s’opère depuis les années 1990 dans l’art des images en mouvement. Dès lors que des artistes contemporains délaissent de plus en plus l’esthétique formaliste et anti-illusionniste du premier cinéma expérimental et reviennent aux structures conventionnelles du récit au cinéma, il devient urgent de considérer son potentiel critique. Examinant comment Marianna Simnett et Jamie Crewe s’approprient, respectivement dans The Udder (2014) et dans Ashley (2020), les conventions du conte de fées et du film d’horreur, il s’agit de montrer que le jeu du récit dans les œuvres d’une génération émergente d’artistes britanniques réhabilite les notions longtemps rejetées ou considérées avec suspicion de plaisir du récit et d’identification à celui-ci tout en témoignant des capacités de la narration à subvertir les présupposés sociaux et culturels de la normativité de genre. The publication of Laura Mulvey’s seminal essay “Visual Pleasure and Narrative Cinema” (1975) paved the way for the consideration of the relationship between gender politics and cinematic narratives within the discipline of film studies. In their early days, British film theory and experimental film were born out of a common distrust in narrative, perceived as a mystifying tool used to reinforce the dominant ideology and a heteropatriarchal ideal of gender normativity. This paper seeks to re-examine the relationship between narrative and gender politics in light of a recent “cinematic turn” that has been affecting the field of moving image art since the 1990s. As contemporary artists are increasingly abandoning the formalist, anti- illusionistic aesthetics of early experimental film and reverting back to conventional narrative and cinematic structures, a consideration of the critical potential of narrative is newly urgent. By examining the appropriation of fairy-tale and horror conventions in Marianna Simnett’s 15-minute video The Udder (2014) and Jamie Crewe’s 45-minute film Ashley (2020), this paper argues that the appropriation of conventional narrative structures in the works of an emerging generation of moving image artists in Britain is rehabilitating the long-criticised aspects of narrative pleasure and identification, testifying to the potential of narrative to challenge hegemonic social and cultural assumptions of gender normativity. Die Veröffentlichung von Laura Mulveys bahnbrechendem Artikel „Visual Pleasure and Narrative Cinema“ (1975) ebnete den Weg für die Untersuchung der Beziehungen von Genderfragen als politischem Anliegen und filmischen Erzählformen innerhalb der Filmwissenschaften. In Großbritannien sind die „British Film Theory“ und der Experimentalfilm zeitgleich entstanden, aus allgemeinem Misstrauen gegenüber der als Mystifizierungswerkzeug begriffenen Erzählung, die der herrschenden Ideologie und dem gendernormativen Ideal Vorschub leistet. Der Artikel nimmt abermals das Verhältnis von Erzählung und Genderfragen (im politischen Sinne) in den Blick, doch nun im Lichte des „Cinematic Turn“, jener Wende, die sich seit den 1990er Jahren in der Kunst des bewegten Bildes vollzieht. Seit zeitgenössische Künstler und Künstlerinnen immer weiter von der formalistischen und anti-illusionistischen Ästhetik des frühen Experimentalfilms absehen und zu konventionelleren filmischen Erzählstrukturen zurückfinden, gilt es nun dringend, deren kritisches Potential auszuloten. Am Beispiel von Marianna Simnett und Jamie Crewe, die sich respektive in The Udder (2014) und in Ashley (2020) Konventionen des Märchens und des Horrorfilms aneignen, wird hier die These aufgestellt, dass gegenwärtig eine Generation junger britischer Künstler und Künstlerinnen die lange abgelehnten oder misstrauisch beäugten Vorstellungen rehabilitiert, dass Erzählen Spaß machen und man sich mit dem Geschilderten identifizieren darf. Gleichzeitig stellen sie unter Beweis, dass Narration durchaus die Fähigkeit besitzt, vorherrschende gesellschaftliche und kulturelle Klischees von Gendernormativität zu untergraben. La pubblicazione dell’articolo fondativo di Laura Mulvey “Visual Pleasure and Narrative Cinema” (1975) ha aperto la strada all’esame del rapporto tra il genere come questione politica e la narrazione cinematografica all’interno degli studi sul cinema. In Gran Bretagna, gli studi cinematografici si sono sviluppati – al punto da poter parlare di teoria cinematografica britannica – insieme al cinema sperimentale, sulla base di una comune diffidenza nei confronti della narrazione come strumento di mistificazione al servizio dell’ideologia dominante e dell’ideale etero-patriarcale. Questo articolo riesamina il rapporto tra narrazione e genere (in senso politico) alla luce della “svolta cinematografica” nell’arte delle immagini in movimento a partire dagli anni Novanta. Poiché gli artisti contemporanei abbandonano sempre più spesso l’estetica formalista e anti-illusionista del primo cinema sperimentale per tornare alle strutture convenzionali della narrazione cinematografica, diventa urgente considerarne il potenziale critico. Esaminando il modo in cui Marianna Simnett e Jamie Crewe si appropriano, rispettivamente in The Udder (2014) e Ashley (2020), delle convenzioni della fiaba e del film horror, si vuole dimostrare che il gioco della narrazione nelle opere di una generazione emergente di artisti britannici riabilita le nozioni di piacere narrativo e di identificazione con esso, a lungo rifiutate o considerate con sospetto, testimoniando al contempo la capacità della narrazione di sovvertire i presupposti sociali e culturali della normatività di genere. La publicación del artículo fundacional de Laura Mulvey “Visual Pleasure and Narrative Cinema” (1975) abrió, en el seno de los estudios cinematográficos, la puerta al examen de las relaciones entre el género como problema político y el relato cinematográfico. En el Reino Unido su desarrollo llegó a tal punto que se puede hablar hoy de una British film theory nutrida por el cine experimental y por una desconfianza ante el relato, el cual es percibido como un instrumento de mistificación puesto al servicio de la ideología dominante y del ideal hetero-patriarcal. Se procede así en este artículo a examinar las relaciones entre relato y género (en su sentido político) a la luz del “giro cinemático” operado desde los años 1990 en el arte de la imagen en movimiento. Dado que los artistas contemporáneos están abandonando cada vez más la estética formalista y anti-ilusionista del primer cine experimental y están volviendo a las estructuras convencionales del relato fílmico, se vuelve urgente considerar su potencial crítico. Al examinar cómo Marianna Simnett y Jamie Crewe se apropian en The Udder (2014) y Ashley (2020), respectivamente, de las convenciones del cuento de hadas y del cine de terror, se busca mostrar que lo lúdico del relato en las obras de una generación emergente de artistas británicas reside en una rehabilitación de nociones por mucho tiempo rechazadas o consideradas con sospecha, la del placer del relato y la de la identificación con este, que da cuenta de una capacidad para subvertir las presuposiciones sociales y culturales de la normatividad de género. |