Vouloir dire et vouloir faire

Cet article propose une analogie entre la problématique du « vouloir dire » et celle du « vouloir faire » en utilisant la question de l'intentionalité telle qu’elle est traitée par la philosophie de l'action post-wittgensteinienne d'Elizabeth Anscombe. L’enjeu est de déterminer à quel...

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Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/methodos,
Hovedforfatter: Aucouturier, Valérie
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Methodos 2014
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Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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language Français
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Anscombe Elizabeth
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Anscombe Elizabeth
Austin John L.
Aucouturier, Valérie
Vouloir dire et vouloir faire
description Cet article propose une analogie entre la problématique du « vouloir dire » et celle du « vouloir faire » en utilisant la question de l'intentionalité telle qu’elle est traitée par la philosophie de l'action post-wittgensteinienne d'Elizabeth Anscombe. L’enjeu est de déterminer à quelles conditions nous pouvons appliquer une philosophie de l’action au langage. S’il ne s’agit pas de réduire toute analyse du langage à une philosophie de l’action, il s’agit néanmoins de montrer qu’il existe entre langage et action une relation à double sens. D’une part, comme le montrent les travaux d’Anscombe et de John L. Austin, l’analyse du langage (et en particulier des concepts d’intention, de volontaire, etc.) sert au philosophe à rendre compte de la notion d’action. D’autre part, comme l’a montré Austin, parler, utiliser le langage, c’est agir, faire des actions. En examinant cette relation, cet article examine la façon dont le concept d’intentionalité intervient dans la logique de l’action et dans celle du langage en tant qu’action. Dans ce cadre, le problème de l'intentionalité surgit de la possibilité logique d'un décalage (qui n’est pas la règle) entre ce qu'une personne dit ou fait et ce que cette personne veut dire ou veut faire. L’objectif de cet article est de montrer qu'il est possible de penser l'intentionalité sans penser ce décalage sur le modèle d'une inadéquation entre un dire ou un faire et une sorte de doublon mental qui y correspondrait plus ou moins. Il s’agit de penser l’intentionalité en dehors du dualisme de l’esprit et du monde, tout en conservant intacte, non seulement la possibilité du décalage, mais également la pertinence de la distinction conceptuelle entre le vouloir dire/faire et le dire/faire dans les cas sans décalage. Le parallèle proposé vise avant tout à suggérer que, s'il est possible de concevoir les rapports entre le dire et le vouloir dire en termes d'intentionalité au même titre que les rapports entre le faire et le vouloir faire, c'est que certains traits logiques ou grammaticaux caractéristiques de l'intention ou de la visée s'appliquent dans les deux cas.
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L’enjeu est de déterminer à quelles conditions nous pouvons appliquer une philosophie de l’action au langage. S’il ne s’agit pas de réduire toute analyse du langage à une philosophie de l’action, il s’agit néanmoins de montrer qu’il existe entre langage et action une relation à double sens. D’une part, comme le montrent les travaux d’Anscombe et de John L. Austin, l’analyse du langage (et en particulier des concepts d’intention, de volontaire, etc.) sert au philosophe à rendre compte de la notion d’action. D’autre part, comme l’a montré Austin, parler, utiliser le langage, c’est agir, faire des actions. En examinant cette relation, cet article examine la façon dont le concept d’intentionalité intervient dans la logique de l’action et dans celle du langage en tant qu’action. Dans ce cadre, le problème de l'intentionalité surgit de la possibilité logique d'un décalage (qui n’est pas la règle) entre ce qu'une personne dit ou fait et ce que cette personne veut dire ou veut faire. L’objectif de cet article est de montrer qu'il est possible de penser l'intentionalité sans penser ce décalage sur le modèle d'une inadéquation entre un dire ou un faire et une sorte de doublon mental qui y correspondrait plus ou moins. Il s’agit de penser l’intentionalité en dehors du dualisme de l’esprit et du monde, tout en conservant intacte, non seulement la possibilité du décalage, mais également la pertinence de la distinction conceptuelle entre le vouloir dire/faire et le dire/faire dans les cas sans décalage. Le parallèle proposé vise avant tout à suggérer que, s'il est possible de concevoir les rapports entre le dire et le vouloir dire en termes d'intentionalité au même titre que les rapports entre le faire et le vouloir faire, c'est que certains traits logiques ou grammaticaux caractéristiques de l'intention ou de la visée s'appliquent dans les deux cas. This paper proposes an examination of the affinities between “meaning” (vouloir dire) and “intending to do” (vouloir faire) through an analysis of the concept of “intentionality” as it is notably understood in the post-Wittgensteinian philosophy of action of Elizabeth Anscombe. However, my point is not to abolish the distinction between a philosophy of language and of speech acts and a philosophy of action. It is rather to shed light on the dimensions of speech that are related to action in general, and more particularly to what Stanley Cavell has called its “fragility”, its liability to fail to say what it means or to do what it intends, which can take many various forms. I am interested in this fragility insofar as it brings back on the scene the problem of intentionality. However, as far as I am concerned, intentionality should not be conceived anymore as the fulfillment of an aim, but rather as a key concept to account for the logical structure of the fragility of action. The point is to see the extent to which a certain philosophy of action can apply to the analysis of language.Therefore, following Wittgenstein, Austin and Anscombe, I articulate language and action in a two way relation. On the one hand, action is understood “in terms of language” (to borrow Anscombe's phrase) through a logical or grammatical enquiry concerning the uses of “intention”. On the other hand, I try to show that language is a mode of action insofar as, to coin Austin's phrase, we “do things with words”. In doing so, my aim is to shed light on the way the concept of “intention” is involved in this two way relation: how “saying” and “doing” both appeal to the notion of “intention”.In the first section of the paper, drawing on Anscombe's enquiry on “intention” and Austin's paper on excuses and failures of action, I argue that a certain analysis of language can shed light on the intimate link that exists between action and intention. In turn, in the second section of the paper, I examine the extent to which, if we understand speaking as an action, some analysis of the logical relation between intention and action can be used to shed light on the relation between meaning and saying. This leads me to criticize the traditional conception of the relation between intention and action and of the relation between meaning and saying as the relation between a mental or internal “act” of intending and an actual (external) act of doing or saying what one intends (or means). Normally we do and say what we intend to do or say ; we do not need to separate two moments or two ingredients of acting or saying. This is because people usually do what they intend and mean what they say that we can straightforwardly understand what they are doing or saying (at least to the extent that we understand the circumstances of such acts). The contrary would lead to a profound modification of our concepts.This argument leads me, in a third section, to criticize (on the ground of rather traditional Wittgensteinian and Anscombian arguments) the very understanding of meaning and intending as some kinds of mental occurrences or experiences that would take place in action or speech.Such a criticism forces us then to think anew the way the concept of “intentionality” may apply to acting and saying. This is what I try to do in the last section of the paper, by showing that, while rejecting what I take to be a bad picture of intentionality in terms of “fitting” (à la Searle), we may still maintain the concept of intentionality, understood as the name for a logical or grammatical feature of the concepts of acting and saying (for the latest, at least to the extent that it is an action).