Tropes et polysémie dans les Fragments d'Héraclite

Cet article est né d'une double constatation, la première inspirée par l'étude du corpus d'Héraclite d'Éphèse, auteur ionien du 6ème siècle av. J.-C. dont il nous reste largement plus d'une centaine de Fragments considérés comme littéraux et censément extraits d'une œuv...

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Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/methodos,
Hovedforfatter: Garin, Marianne
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Methodos 2014
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
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topic feu
igné
polysémie
trope
méthodologie
définition
sens littéral
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Héraclite d'Ephèse
Heraclitus
fire
ignite
polysemy
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Héraclite d'Ephèse
Heraclitus
fire
ignite
polysemy
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Garin, Marianne
Tropes et polysémie dans les Fragments d'Héraclite
description Cet article est né d'une double constatation, la première inspirée par l'étude du corpus d'Héraclite d'Éphèse, auteur ionien du 6ème siècle av. J.-C. dont il nous reste largement plus d'une centaine de Fragments considérés comme littéraux et censément extraits d'une œuvre dont la forme et l'ordonnance sont à ce jour inconnues, la seconde par la lecture des commentaires et interprétations qu'en proposent les spécialistes. C'est en effet en remarquant la variété des approches appliquées par les scientifiques pour parvenir à une compréhension générale du corpus d'une part et les divergences d'interprétation qui en découlent souvent d'autre part que j'en suis venue à m'interroger sur l'importance du choix de la méthodologie au sein d'une activité faisant la part belle à un délicat travail de rapiéçage. Puis, c'est en tentant moi-même de restituer un sens à certains Fragments individuels d'Héraclite et, d'une manière plus globale, de les considérer comme les lambeaux épars d'une même toile déchiquetée que j'ai compris la difficulté de développer un commentaire à partir d'extraits émiettés dont ni l'organisation, ni la forme initiales ne sont déterminées. La prose poétique d'Héraclite ajoutant à ces difficultés engendrées par l'histoire de la transmission des problèmes de définition des termes-clefs d'une part et d'identification des figures littéraires qui jalonnent le corpus d'autre part, j'ai tenté d'illustrer dans cet article quelques questions méthodologiques représentatives de son oeuvre, et ce en prenant ancrage dans les hypothèses de polysémie et de niveau de lecture auxquelles nous confronte la notion de „feu“, récurrente au sein des vestiges de l'œuvre de l'Éphésien. En partant de l'analyse de deux Fragments ignés, à savoir B30 et B66, cet article tend donc à présenter principalement quatre problèmes ou questions méthodologiques que je crois avoir décelés aussi bien au sein des études héraclitéennes que dans mes propres recherches: (1) les méthodes d'interprétation choisies pour aborder des séquences parfois sibyllines et, par conséquent, difficiles à traduire ainsi que les principes qui les motivent, (2) le traitement de la polysémie et de l'oscillation entre sens littéral et sens littéraire d'une notion-clef que l'œuvre ne définit jamais explicitement, (3) la fiabilité de sources anciennes quant à l'interprétation des Fragments, (4) la difficulté d'établir des définitions stables et les postulats d'équivalence entre des termes-clefs se substituant aux ambiguités du texte. C'est en montrant, sur le terrain des Fragments même, comment se posent à nous ces questions méthodologiques que j'aborde les thèmes de la polysémie et des niveaux de lecture du terme „feu“ dans le corpus d'Héraclite pour illustrer, par quelques exemples, comment des choix méthodologiques peuvent conditionner l'ensemble d'une interprétation, selon les options que le chercheur décidera d'adopter ou non.
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J.-C. dont il nous reste largement plus d'une centaine de Fragments considérés comme littéraux et censément extraits d'une œuvre dont la forme et l'ordonnance sont à ce jour inconnues, la seconde par la lecture des commentaires et interprétations qu'en proposent les spécialistes. C'est en effet en remarquant la variété des approches appliquées par les scientifiques pour parvenir à une compréhension générale du corpus d'une part et les divergences d'interprétation qui en découlent souvent d'autre part que j'en suis venue à m'interroger sur l'importance du choix de la méthodologie au sein d'une activité faisant la part belle à un délicat travail de rapiéçage. Puis, c'est en tentant moi-même de restituer un sens à certains Fragments individuels d'Héraclite et, d'une manière plus globale, de les considérer comme les lambeaux épars d'une même toile déchiquetée que j'ai compris la difficulté de développer un commentaire à partir d'extraits émiettés dont ni l'organisation, ni la forme initiales ne sont déterminées. La prose poétique d'Héraclite ajoutant à ces difficultés engendrées par l'histoire de la transmission des problèmes de définition des termes-clefs d'une part et d'identification des figures littéraires qui jalonnent le corpus d'autre part, j'ai tenté d'illustrer dans cet article quelques questions méthodologiques représentatives de son oeuvre, et ce en prenant ancrage dans les hypothèses de polysémie et de niveau de lecture auxquelles nous confronte la notion de „feu“, récurrente au sein des vestiges de l'œuvre de l'Éphésien. En partant de l'analyse de deux Fragments ignés, à savoir B30 et B66, cet article tend donc à présenter principalement quatre problèmes ou questions méthodologiques que je crois avoir décelés aussi bien au sein des études héraclitéennes que dans mes propres recherches: (1) les méthodes d'interprétation choisies pour aborder des séquences parfois sibyllines et, par conséquent, difficiles à traduire ainsi que les principes qui les motivent, (2) le traitement de la polysémie et de l'oscillation entre sens littéral et sens littéraire d'une notion-clef que l'œuvre ne définit jamais explicitement, (3) la fiabilité de sources anciennes quant à l'interprétation des Fragments, (4) la difficulté d'établir des définitions stables et les postulats d'équivalence entre des termes-clefs se substituant aux ambiguités du texte. C'est en montrant, sur le terrain des Fragments même, comment se posent à nous ces questions méthodologiques que j'aborde les thèmes de la polysémie et des niveaux de lecture du terme „feu“ dans le corpus d'Héraclite pour illustrer, par quelques exemples, comment des choix méthodologiques peuvent conditionner l'ensemble d'une interprétation, selon les options que le chercheur décidera d'adopter ou non. This article was brought about by two observations. The first arose from the study of the works by Heraclitus of Ephesus, a 6th century AD Ionian author. The second observation finds its origin in the comments and interpretations of specialists. While sharing the same general understanding of Heraclitus' work, specialists vary greatly in their specific interpretation of this delicate and patchy corpus. Methodology plays a decisive role in constituting these interpretations. This paper reconstitutes, in a general way, certain pieces and meanings from Heraclitus' Fragments. In doing so, I show why this work, referred to many times as a shredded and scattered canvas, presents such challenges to developing coherent commentary: the existing extracts lack any sense of organization and form.The poetic language that Heraclitus uses adds to the difficulty of understanding and interpreting these texts. The definitions and meanings of key terms and literary figures in question have changed throughout time.First, I illustrate in this article a few of the methodological difficulties posed by this body of work. Second, I answer reoccurring questions about the possible polysemy of the word “fire”, which occurs often in the fragments of Heraclitus.  By analyzing two of the “Fire Fragments”, B30 and B66, this article presents four main methodological problems that arise in the study of these Heraclitean works. (1) First: The interpretative methods chosen to approach the often oracular sequences, which are by nature difficult to translate as well as to understand. (2) Second: the handling of the polysemy and the oscillations between the literal and literary meanings of key notions that the author never defined. (3) Third: the reliability of ancient interpretative sources with respect to the Fragments. (4) Finally, the difficulty in establishing stable definitions and postulating equivalences between the key terms that arise in the text.  I have approached the themes and polysemy of the word “fire” in Heraclitus' work by showing, in the domain of the Fragments, how to pose these methodological questions. In doing so, I wish to show, through several examples, how methodological choices can condition the interpretation of the text.