Parole et identité humaine à l’âge classique
En prenant appui sur des textes de Descartes et de philosophes post-cartésiens comme Géraud de Cordemoy, ou encore des théoriciens de Port-Royal, tels Lancelot, Arnauld et Nicole, nous nous intéressons au statut double et paradoxal que revêt la parole dans la philosophie classique, au moment où se c...
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Methodos
2010
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| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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langage autres esprits identité psychophysique Descartes Port-Royal language other minds psycho-physical identity Descartes Gillot, Pascale Parole et identité humaine à l’âge classique |
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En prenant appui sur des textes de Descartes et de philosophes post-cartésiens comme Géraud de Cordemoy, ou encore des théoriciens de Port-Royal, tels Lancelot, Arnauld et Nicole, nous nous intéressons au statut double et paradoxal que revêt la parole dans la philosophie classique, au moment où se construit la question de l’union psychophysique et où sont proposées diverses « réponses » à cette question, dans la perspective d’une conceptualisation nouvelle d’une identité humaine rendue problématique. Le paradoxe tient au fait que l’activité de langage est d’abord manifestation de la pensée, indice publiquement observable ou témoignage extérieur de l’existence d’un esprit à l’origine des actes linguistiques, conformément à la théorie cartésienne à ce sujet ; mais la parole dénote aussi, dans la philosophie même de Descartes, une faculté spécifiquement humaine, propre au « vrai homme », en tant qu’il est indissolublement esprit et corps. Nous tentons de montrer que ce qui est en jeu dans les études brèves et éparses que Descartes consacre au langage, puis dans les développements ultérieurs de la Grammaire générale et raisonnée et de la Logique de Port-Royal, à travers la théorie du signe linguistique et de la signification, c’est la compréhension de la relation, nécessairement postulée et pourtant constamment renvoyée à l’ordre d’un lien contre-nature, et par là arbitraire, fruit d’une institution, entre la parole comme phénomène physique et la parole comme activité symbolique par excellence ; si bien que le prodige du phénomène humain du langage, comme expression publique des pensées, donne la mesure de l’énigme que constitue l’unité en l’homme du corps et de l’esprit. |
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