L’opinion de Locke sur la « matière pensante »

Dans cet article, on montre que l’hypothèse de la « matière pensante » introduite spéculativement dans le livre IV de l’Essai sur l’Entendement humain, n’est pas seulement l’instrument d’une critique épistémologique destinée à souligner les limitations de notre connaissance, elle est aussi révélatri...

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Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/methodos,
Autor principal: Hamou, Philippe
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Methodos 2013
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
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esprit
corps
matière
âme
substance
pensée
connaissance
probabilité
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thought
knowledge
soul
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esprit
corps
matière
âme
substance
pensée
connaissance
probabilité
Hamou, Philippe
L’opinion de Locke sur la « matière pensante »
description Dans cet article, on montre que l’hypothèse de la « matière pensante » introduite spéculativement dans le livre IV de l’Essai sur l’Entendement humain, n’est pas seulement l’instrument d’une critique épistémologique destinée à souligner les limitations de notre connaissance, elle est aussi révélatrice des inclinations métaphysiques réelles de Locke. S’il est impossible de s’assurer par la connaissance de la nature de la substance pensante, il est permis néanmoins d’entretenir à son égard une opinion fondée sur des arguments probables. La croyance est en effet aux yeux de Locke un champ d’exercice légitime de la rationalité, un champ qu’il sera particulièrement nécessaire de cultiver lorsque la connaissance manquera et qu’il s’agira de se déterminer sur des questions cruciales – au nombre desquelles il faut compter assurément celle de la substance et de la destination de l’âme. On examine ici les textes et les arguments qui ont conduit la plupart des interprètes de Locke à lui prêter une croyance « dualiste » de type cartésien, favorisant l’opinion de l’immatérialité de l’esprit humain. On montre que ces textes et ces arguments non seulement ne sont pas concluants mais peuvent même être mis au service de la thèse adverse. Que Locke ait cru en la probable matérialité de l’âme humaine est d'autant plus plausible que les arguments donnés dans la troisième lettre à Stillingfleet en faveur de la concevabilité de l'hypothèse, fonctionnent aussi tacitement comme des arguments de probabilité : l'hypothèse ne contredit pas le message scripturaire, elle permet une meilleure conception de l'analogie générale du vivant, elle est mieux conforme aux requisits ontologiques de l'existence et de l'identité.
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