Raoul Ruiz et les voix des exilés

Cinéaste ayant dû quitter son pays natal, le Chili, Ruiz n’a cessé de donner la parole aux exilés de toutes sortes, politiques d’abord (Dialogue d’exilés, 1974), envisagés selon une perspective anthropologique (les Amérindiens du Toit de la baleine, 1982), ou tout simplement résidents étrangers dans...

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Autore principale: Plasseraud, Emmanuel
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Mise au point 2024
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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collection OpenEdition Journal
language Français
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description Cinéaste ayant dû quitter son pays natal, le Chili, Ruiz n’a cessé de donner la parole aux exilés de toutes sortes, politiques d’abord (Dialogue d’exilés, 1974), envisagés selon une perspective anthropologique (les Amérindiens du Toit de la baleine, 1982), ou tout simplement résidents étrangers dans une des villes-mondes européennes, en l’occurrence Paris (Trois vies et une seule mort, 1996). À cette parole minoritaire, Ruiz donne dans chaque film une place différente, entre stratégie d’intégration sociale, préservation culturelle et déformation de la langue majoritaire. Ces stratégies s’incarnent dans trois rapports à la langue : l’espagnol que l’on doit abandonner si l’on veut s’intégrer (Dialogue d’exilés), la langue native indéchiffrable, qui préserve l’identité culturelle (Le Toit de la baleine), et les accents et surgissements de la langue native qui font bégayer le français (Trois vies et une seule mort).
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