La construction d'un corpus audiovisuel : choix des critères de pertinence et stratégies de légitimation des objets de la recherche

Créé en 2006, le groupe LU/TE (Lumières et télévision) s’interroge sur les représentations du Siècle des Lumières à la télévision française, des années 1950 à nos jours. Il réunit des chercheurs venus d’horizons différents (littérature, sémiologie audiovisuelle, études de réception…) qui s’efforcent...

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প্রধান লেখক: Papin, Bernard
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: Mise au point 2013
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description Créé en 2006, le groupe LU/TE (Lumières et télévision) s’interroge sur les représentations du Siècle des Lumières à la télévision française, des années 1950 à nos jours. Il réunit des chercheurs venus d’horizons différents (littérature, sémiologie audiovisuelle, études de réception…) qui s’efforcent de dessiner la postérité, entre héritage et trahison, du XVIIIe (Siècle des Lumières), au travers des images que nous nous en forgeons. Il s’est donné pour tâche première de constituer une base de données commune à tous les chercheurs du groupe. Cette démarche initiale s’est immédiatement heurtée à une série de difficultés épistémologiques et méthodologiques sur la nature des objets télévisuels à faire figurer dans ce corpus, leur pertinence, leur appartenance générique et a conduit le groupe à s’interroger sur ce qu’il croyait savoir sur les notions d’œuvre, d’auteur et de genre en matière audiovisuelle.Dans un premier temps, cette recherche avait été initiée selon une problématique de l’adaptation des œuvres littéraires à l’écran et reposait sur une idéologie de la légitimité culturelle. Mais il est vite devenu évident que le choix d’une telle réfraction était réducteur et qu’il convenait d’élargir la recherche à tous les objets télévisuels témoignant peu ou prou du Siècle des Lumières, de ses œuvres, mais aussi de ses savoirs, de ses valeurs et de ses croyances afin de mieux appréhender ces images que notre modernité construit. Il importait donc de prendre en compte tout ce que la télévision produit, mais également tout ce qu’elle diffuse. D’où un élargissement du corpus aux images documentaires, aux reportages, mais aussi aux retransmissions de spectacles vivants, à la diffusion d’œuvres cinématographiques… Mais très vite, face à l’engorgement qui menaçait, et, surtout, face au risque d’insignifiance, il est apparu nécessaire, avant d’admettre une émission dans le corpus, de se doter de critères de pertinence objectifs, admis par tous et concernant essentiellement l’espace historique de la représentation, le cadre de programmation, l’appartenance générique, le public visé, etc. , avec le souci premier de l’autonomie de l’objet digne ainsi constitué et de sa visée communicationnelle. Mais tout cela ne va pas de soi : ce sont les notions d’œuvre audiovisuelle, d’auteur et de genre qui se trouvent une nouvelle fois questionnées, remises en cause, bousculées parfois. Où l’on vérifie que, bien entendu, toute recherche conséquente se construit sur la contestation des certitudes conceptuelles qui la fondent initialement.
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Il réunit des chercheurs venus d’horizons différents (littérature, sémiologie audiovisuelle, études de réception…) qui s’efforcent de dessiner la postérité, entre héritage et trahison, du XVIIIe (Siècle des Lumières), au travers des images que nous nous en forgeons. Il s’est donné pour tâche première de constituer une base de données commune à tous les chercheurs du groupe. Cette démarche initiale s’est immédiatement heurtée à une série de difficultés épistémologiques et méthodologiques sur la nature des objets télévisuels à faire figurer dans ce corpus, leur pertinence, leur appartenance générique et a conduit le groupe à s’interroger sur ce qu’il croyait savoir sur les notions d’œuvre, d’auteur et de genre en matière audiovisuelle.Dans un premier temps, cette recherche avait été initiée selon une problématique de l’adaptation des œuvres littéraires à l’écran et reposait sur une idéologie de la légitimité culturelle. Mais il est vite devenu évident que le choix d’une telle réfraction était réducteur et qu’il convenait d’élargir la recherche à tous les objets télévisuels témoignant peu ou prou du Siècle des Lumières, de ses œuvres, mais aussi de ses savoirs, de ses valeurs et de ses croyances afin de mieux appréhender ces images que notre modernité construit. Il importait donc de prendre en compte tout ce que la télévision produit, mais également tout ce qu’elle diffuse. D’où un élargissement du corpus aux images documentaires, aux reportages, mais aussi aux retransmissions de spectacles vivants, à la diffusion d’œuvres cinématographiques… Mais très vite, face à l’engorgement qui menaçait, et, surtout, face au risque d’insignifiance, il est apparu nécessaire, avant d’admettre une émission dans le corpus, de se doter de critères de pertinence objectifs, admis par tous et concernant essentiellement l’espace historique de la représentation, le cadre de programmation, l’appartenance générique, le public visé, etc. , avec le souci premier de l’autonomie de l’objet digne ainsi constitué et de sa visée communicationnelle. Mais tout cela ne va pas de soi : ce sont les notions d’œuvre audiovisuelle, d’auteur et de genre qui se trouvent une nouvelle fois questionnées, remises en cause, bousculées parfois. Où l’on vérifie que, bien entendu, toute recherche conséquente se construit sur la contestation des certitudes conceptuelles qui la fondent initialement. The group LU/TE (Lumières et television or The Enlightenment and Television) which was created in 2006 studies how the Age of the Enlightenment has been represented on French television from the 1950’s until today. The group brings together researchers from different fields (literature, semiology, audiovisual, reception studies…)who attempt to outline the posterity, between heritage and treason, of the eighteenth century Enlightenment through the images that we forge of them. The first task of the group was to establish a database common to all the researchers of the group. This first step immediately ran into a series of epistemological and methodological problems on the nature of which televisual objects to include and what their relevancy and their generic affiliation were. This led the group to question what they knew about the notions of works, authors, and genre concerning audiovisual media.First, the beginning of this research took into account the problem of the adaptation of literary works on the screen and was based on an ideology of cultural legitimation. But it soon became clear that such a refraction was limiting and that is was better to widen the research to all the televisual objects which bore witness more or less to the Age of the Enlightenment, to its works, but also to its knowledge, its values, and its beliefs in order to better understand the images that our modern era has constructed of them. It was thus important to take into account everything that television produces and also everything that is broadcasts. Thus, we widened the corpus to include not only documentary images and documentaries but also the retransmission of live shows and the broadcast of films. But very quickly we became aware of the fact that there was a risk of too much information some of which could also be negligible. Faced with this problem we decided to adopt criteria of consistent objectives which everyone accepted before we would allow a show into the corpus. These objectives concerned essentially the historical representation, the framework of the programming, the generic affiliation, the target audience etc. Our main concern was the independence of the designated object and of its communicational aim. But this is not easy to do as once more it is the very concept of audiovisual media, of author, and of genre that are put into question, challenged, and sometimes shaken up. Of course any research of consequence is built on the questioning of the certainties that are at its base.