Qui fabrique et qui regarde ?
Chercheurs attachés à la dimension esthétique du cinéma ; enseignants soucieux de fournir aux étudiants en Master professionnel les outils techniques et théoriques nécessaires à leurs travaux ; professionnels conscients des équilibres entre des projets artistiques et la réalité économique dans laque...
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Mise au point
2013
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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openedition-oai:revues.org:map_1255 https://doi.org/10.4000/map.1255 urn:doi:10.4000/map.1255 fr https://journals.openedition.org/map/1255 2013-08-12T02:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/i3ir https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/ Qui fabrique et qui regarde ? Mise au point Association française des enseignants et chercheurs en cinéma et audiovisuel info:eu-repo/semantics/reference/issn/2261-9623 URI:https://journals.openedition.org/map Morice, Isabelle Singer et Philippe Chercheurs attachés à la dimension esthétique du cinéma ; enseignants soucieux de fournir aux étudiants en Master professionnel les outils techniques et théoriques nécessaires à leurs travaux ; professionnels conscients des équilibres entre des projets artistiques et la réalité économique dans laquelle ils s’inscrivent : nous avons souhaité ne pas limiter ici l’univers de la création cinématographique à une opposition entre théorie et pratique. A la suite de Marie José Mondzain, nous espérons que se réduise la fracture entre fabricants et récepteurs d’images. Notre réflexion en ce sens s’appuie sur des considérations en jeu sur un plateau de tournage : selon Jean-César Chiabaut, cadreur notamment de Robert Bresson : « le point de vue c’est « on met la caméra là » (Bardet, 2008, 41) ; pour Jacques Loiseleux, opérateur de Maurice Pialat entre autres, la question est : « Qu’est-ce qu’on met dedans, qu’est-ce qu’on met dehors ? » (Loiseleux, Umanski, Brenez, 2005).Justifiant son admiration pour Howard Hawks, Alexandre Astruc aime à dire que « Un homme qui est capable à la fois de faire Rio Bravo et El Dorado et en même temps de faire La Rivière rouge, c’est-à-dire de résoudre le problème pratique qui consiste à faire passer deux cents vaches sur un gué, ce type-là est un génie. » Il généralise son propos au cinéma tout entier qui est, selon lui, « à la fois l’idée et l’exécution. S’il n’y a pas l’idée, il n’y a rien, s’il n’y a pas l’exécution, il n’y a rien. C’est un va-et-vient constant entre une idée — la transcendance —, et l’exécution, c’est le concret. » (L’Homme à la caméra-stylo 2008)Ces considérations peuvent se résumer au final à une seule et unique interrogation : où met-on la caméra équipée de quelle optique — sous-entendu : au service de quelle idée — ? As researchers attached to film aesthetics, as teachers concerned with giving students in the professional Master degree the technical and theoretical tools necessary for their work, and as professionals aware of the balance between artistic projects and the economic reality they are part of, we have tried in this paper to avoid limiting film making to an opposition between theory and fact. In keeping with Marie Jose Mondzain, we hope to reduce the division between the producers and the receivers of images. To achieve this we have relied on the various aspects that are taken into account on film sets: according to Jean-Cesar Chiabaut, a cameraman who worked with Robert Besson in particular:”our attitude is “we put the camera there” (Bardet, 2008, 41); for Jacques Loiseleux, cameraman for Maurice Pialat among others, the question is: “What do we put inside and what do we leave outside?” (Loiseleux, Umanski, Brenez, 2005) Alexander Astruc justifies his great admiration for Howard Hawkes by saying that “a man who is capable of producing films like Rio Bravo and El Dorado and at the same time of making Red River, in other words of solving the practical problem of having 200 cows cross a stream, that person is a genius. For Astruc film making is, “both the idea and the realization of the idea. If there is no idea there is nothing, and if you don’t carry out the idea there is nothing either. It’s a to-and-fro movement between the idea-the transcendence-and the execution or the concrete.”(L’Homme à la camera-stylo, 2008)All these reflections can be summarized in one simple question : where do you place the camera equipped with which optics—understood to be : supporting which idea… ? |
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Chercheurs attachés à la dimension esthétique du cinéma ; enseignants soucieux de fournir aux étudiants en Master professionnel les outils techniques et théoriques nécessaires à leurs travaux ; professionnels conscients des équilibres entre des projets artistiques et la réalité économique dans laquelle ils s’inscrivent : nous avons souhaité ne pas limiter ici l’univers de la création cinématographique à une opposition entre théorie et pratique. A la suite de Marie José Mondzain, nous espérons que se réduise la fracture entre fabricants et récepteurs d’images. Notre réflexion en ce sens s’appuie sur des considérations en jeu sur un plateau de tournage : selon Jean-César Chiabaut, cadreur notamment de Robert Bresson : « le point de vue c’est « on met la caméra là » (Bardet, 2008, 41) ; pour Jacques Loiseleux, opérateur de Maurice Pialat entre autres, la question est : « Qu’est-ce qu’on met dedans, qu’est-ce qu’on met dehors ? » (Loiseleux, Umanski, Brenez, 2005).Justifiant son admiration pour Howard Hawks, Alexandre Astruc aime à dire que « Un homme qui est capable à la fois de faire Rio Bravo et El Dorado et en même temps de faire La Rivière rouge, c’est-à-dire de résoudre le problème pratique qui consiste à faire passer deux cents vaches sur un gué, ce type-là est un génie. » Il généralise son propos au cinéma tout entier qui est, selon lui, « à la fois l’idée et l’exécution. S’il n’y a pas l’idée, il n’y a rien, s’il n’y a pas l’exécution, il n’y a rien. C’est un va-et-vient constant entre une idée — la transcendance —, et l’exécution, c’est le concret. » (L’Homme à la caméra-stylo 2008)Ces considérations peuvent se résumer au final à une seule et unique interrogation : où met-on la caméra équipée de quelle optique — sous-entendu : au service de quelle idée — ? |
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