La revanche de Circé : l’exemple de El Conde Partinuplés d’Ana Caro de Mallén

Le personnage de la magicienne Aldora dans la pièce d’Ana Caro El Conde Partinuplés, écrite en 1653, s’inscrit dans la lignée littéraire issue de Circé et des modèles italiens bien connus d’Alcine de l’Arioste ou d’Arminde du Tasse. La dramaturge sévillane s’appuie sur les motifs propres à cette tra...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
Auteur principal: Rouane Soupault, Isabelle
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: ILCEA 2022
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id openedition-oai:revues.org:ilcea_14739
record_format openedition
collection OpenEdition Journal
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/
topic pouvoir
femmes
magicienne
autrice
méta-théâtre
power
women
magician
female author
meta-theatre
maga
mujeres
poder
autora
metateatro
spellingShingle pouvoir
femmes
magicienne
autrice
méta-théâtre
power
women
magician
female author
meta-theatre
maga
mujeres
poder
autora
metateatro
Rouane Soupault, Isabelle
La revanche de Circé : l’exemple de El Conde Partinuplés d’Ana Caro de Mallén
description Le personnage de la magicienne Aldora dans la pièce d’Ana Caro El Conde Partinuplés, écrite en 1653, s’inscrit dans la lignée littéraire issue de Circé et des modèles italiens bien connus d’Alcine de l’Arioste ou d’Arminde du Tasse. La dramaturge sévillane s’appuie sur les motifs propres à cette tradition, déclinée par de nombreux auteurs du Siècle d’or espagnol, identifiables dans l’argument de sa pièce où ils sont enrichis des descriptions issues des procès inquisitoriaux. De l’invocation initiale des puissances infernales, aux sortilèges amoureux en passant par la métamorphose animale ou les déplacements extraordinaires, Aldora coïncide avec le type de la sorcière attendue par le public du théâtre. Toutefois, Ana Caro en amplifie la portée en accordant à son personnage le pouvoir de dénouer le conflit dramatique. Cette heureuse issue met en évidence la volonté de la dramaturge d’imposer la suprématie d’un trio de personnages féminins invaincus formé par Aldora et les deux dames puissantes que sont les reines Rosaura et Lisbella. De plus, l’homologie structurelle entre la figure de la magicienne et celle de l’autrice, soulignée par de fréquentes et drôles allusions méta-théâtrales dans le dialogue, est symboliquement porteuse d’une intention subversive qui éclaire les revendications de la dramaturge et sa quête de reconnaissance.
author Rouane Soupault, Isabelle
author_facet Rouane Soupault, Isabelle
author_sort Rouane Soupault, Isabelle
title La revanche de Circé : l’exemple de El Conde Partinuplés d’Ana Caro de Mallén
title_short La revanche de Circé : l’exemple de El Conde Partinuplés d’Ana Caro de Mallén
title_full La revanche de Circé : l’exemple de El Conde Partinuplés d’Ana Caro de Mallén
title_fullStr La revanche de Circé : l’exemple de El Conde Partinuplés d’Ana Caro de Mallén
title_full_unstemmed La revanche de Circé : l’exemple de El Conde Partinuplés d’Ana Caro de Mallén
title_sort la revanche de circé : l’exemple de el conde partinuplés d’ana caro de mallén
publisher ILCEA
publishDate 2022
container_title URI:https://journals.openedition.org/ilcea
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.4000/ilcea.14739
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://journals.openedition.org/ilcea/14739
_version_ 1877293327731130368
spelling openedition-oai:revues.org:ilcea_14739 https://doi.org/10.4000/ilcea.14739 urn:doi:10.4000/ilcea.14739 fr https://journals.openedition.org/ilcea/14739 2022-01-20T01:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/h0ei All rights reserved La revanche de Circé : l’exemple de El Conde Partinuplés d’Ana Caro de Mallén ILCEA UGA Éditions - Université Grenoble Alpes info:eu-repo/semantics/reference/issn/2101-0609 info:eu-repo/semantics/reference/issn/1639-6073 URI:https://journals.openedition.org/ilcea Rouane Soupault, Isabelle pouvoir femmes magicienne autrice méta-théâtre power women magician female author meta-theatre maga mujeres poder autora metateatro Le personnage de la magicienne Aldora dans la pièce d’Ana Caro El Conde Partinuplés, écrite en 1653, s’inscrit dans la lignée littéraire issue de Circé et des modèles italiens bien connus d’Alcine de l’Arioste ou d’Arminde du Tasse. La dramaturge sévillane s’appuie sur les motifs propres à cette tradition, déclinée par de nombreux auteurs du Siècle d’or espagnol, identifiables dans l’argument de sa pièce où ils sont enrichis des descriptions issues des procès inquisitoriaux. De l’invocation initiale des puissances infernales, aux sortilèges amoureux en passant par la métamorphose animale ou les déplacements extraordinaires, Aldora coïncide avec le type de la sorcière attendue par le public du théâtre. Toutefois, Ana Caro en amplifie la portée en accordant à son personnage le pouvoir de dénouer le conflit dramatique. Cette heureuse issue met en évidence la volonté de la dramaturge d’imposer la suprématie d’un trio de personnages féminins invaincus formé par Aldora et les deux dames puissantes que sont les reines Rosaura et Lisbella. De plus, l’homologie structurelle entre la figure de la magicienne et celle de l’autrice, soulignée par de fréquentes et drôles allusions méta-théâtrales dans le dialogue, est symboliquement porteuse d’une intention subversive qui éclaire les revendications de la dramaturge et sa quête de reconnaissance. El personaje de la maga Aldora en la comedia de Ana Caro El conde Partinuplés, escrita en 1653, forma parte del linaje literario nacido con Circe y renovado con los exitosos modelos italianos de Alcina del Ariosto y Arminda del Tasso. La dramaturga sevillana se apoya sobre los motivos propios de esta tradición, ilustrada por numerosos autores del Siglo de Oro español, que va desarrollando en el argumento de su pieza y que se ven aumentados por los testimonios de los juicios inquisitoriales. Desde el conjuro inicial con el que convoca las potencias infernales hasta los sortilegios amorosos, la metamorfosis animal o los viajes extraordinarios, Aldora coincide perfectamente con el tipo de bruja o maga esperado por el público del teatro. Sin embargo, Ana Caro parece amplificar su dimensión al otorgar a su personaje el poder de desenredar y resolver el conflicto dramático. Este feliz desenlace pone de manifiesto la voluntad de la dramaturga de imponer la supremacía de un trio de personajes femeninos invictos formado por Aldora y las dos damas potentes que son las reinas Rosaura y Lisbella. Además la homología estructural entre la figura de la maga y de la autora, a las que hacen a menudo hincapié en el diálogo divertidas alusiones metateatrales, lleva simbólicamente una carga subversiva que aclara las intenciones de la dramaturga y su búsqueda de reconocimiento. The character of the magician Aldora in Ana Caro El Conde Partinuplés’s play, written in 1653, is part of the literary lineage of Circe and the well known Italian models of Alcina from Arioste or Tasso’s Arminda. The Sevillian playwright relies on the motives specific to this tradition, ilustrated by many authors of Spanish Golden Age, which she declines in the argument of her play and which is enriched by the descriptions from the inquisitorial trials. From the initial invocation of the infernal powers, to the love spells or even animal metamorphosis or extraordinary displacements, Aldora coincides with the type of witch expected by the theatre audience. However, Ana Caro amplifies its scope by giving her character the power to resolve the dramatic conflict. This happy outcome highlights the playwright’s desire to impose the supremacy of a trio of undefeated female characters formed by Aldora and the two powerful ladies, Queens Rosaura and Lisbella. Moreover, the structural homology between the character of the magician and the one of the author, emphasized by frequent funny meta-theatrical allusions in the dialogue, is symbolically carrying a subversive intention that illuminates the claims of the playwright and her quest of recognition.