Des doyens aux présidents à l’Université de Besançon, 1968‑1981
Cet article analyse la reconfiguration du pouvoir universitaire à Besançon entre 1968 et 1971, lors de l’application de la loi Faure. La réforme, en supprimant les anciennes facultés au profit des UER et en introduisant la participation étudiante, bouleverse un équilibre institutionnel hérité du xix...
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| Μορφή: | Article ou chapitre numérique |
| Γλώσσα: | Français |
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Les Cahiers de Framespa
2026
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| Διαθέσιμο Online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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facultés Université de Besançon réforme Faure conseils de gestion autonomie universitaire faculties University of Besançon Faure reform governing councils academic autonomy facultades Universidad de Besanzón reforma Faure consejos de gestión autonomía universitaria Savaric, Michel Des doyens aux présidents à l’Université de Besançon, 1968‑1981 |
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Cet article analyse la reconfiguration du pouvoir universitaire à Besançon entre 1968 et 1971, lors de l’application de la loi Faure. La réforme, en supprimant les anciennes facultés au profit des UER et en introduisant la participation étudiante, bouleverse un équilibre institutionnel hérité du xixᵉ siècle. À Besançon, petite université marquée par de fortes traditions disciplinaires, cette mutation devient un véritable champ de luttes. Les doyens de lettres et de sciences, Pierre Lévêque et Jean Thiébaut, défendent leur autonomie contre le recteur Yves Pironneau et contre les facultés plus récentes de droit et de médecine, perçues comme favorisées par l’État. Les tensions autour de la représentation dans les conseils, du contrôle des budgets et de l’attribution des locaux traduisent une rivalité entre disciplines anciennes et nouvelles, mais aussi entre centralisation et autonomie locale. Les syndicats étudiants, polarisés entre communistes et trotskistes, renforcent ces fractures. L’élection du président Thiébaut en 1971 marque une victoire des facultés « historiques » et les conflits se reportent contre les représentants de l’État. Ainsi, la création de l’université de Besançon révèle moins une modernisation qu’une recomposition du pouvoir : les anciens doyens deviennent présidents, les rapports de force politiques (gauche/droite, rectorat/université) se figent, et la logique facultaire structure durablement l’identité institutionnelle de l’Université de Franche‑Comté. |
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La réforme, en supprimant les anciennes facultés au profit des UER et en introduisant la participation étudiante, bouleverse un équilibre institutionnel hérité du xixᵉ siècle. À Besançon, petite université marquée par de fortes traditions disciplinaires, cette mutation devient un véritable champ de luttes. Les doyens de lettres et de sciences, Pierre Lévêque et Jean Thiébaut, défendent leur autonomie contre le recteur Yves Pironneau et contre les facultés plus récentes de droit et de médecine, perçues comme favorisées par l’État. Les tensions autour de la représentation dans les conseils, du contrôle des budgets et de l’attribution des locaux traduisent une rivalité entre disciplines anciennes et nouvelles, mais aussi entre centralisation et autonomie locale. Les syndicats étudiants, polarisés entre communistes et trotskistes, renforcent ces fractures. L’élection du président Thiébaut en 1971 marque une victoire des facultés « historiques » et les conflits se reportent contre les représentants de l’État. Ainsi, la création de l’université de Besançon révèle moins une modernisation qu’une recomposition du pouvoir : les anciens doyens deviennent présidents, les rapports de force politiques (gauche/droite, rectorat/université) se figent, et la logique facultaire structure durablement l’identité institutionnelle de l’Université de Franche‑Comté. This article analyses the reconfiguration of power relationships within the university of Besançon between 1968 and 1971, during the implementation of the Faure Law. By abolishing the old faculties in favour of UERs (university teaching and research units) and introducing student participation, the reform upset an institutional balance inherited from the 19th century. In Besançon, a small university marked by strong disciplinary traditions, this change became a real battleground. The deans of arts and sciences, Pierre Lévêque and Jean Thiébaut, defended their autonomy against Rector Yves Pironneau and the newer faculties of law and medicine, which were perceived as being favoured by the state. Tensions over representation on councils, budget control and the allocation of premises reflected a rivalry between old and new disciplines, but also between centralisation and local autonomy. Student trade unions, polarised between communists and Trotskyists, reinforced these divisions. The election of President Thiébaut in 1971 marked a victory for the “historic” faculties, and the conflicts shifted to the representatives of the State. Thus, the creation of the University of Besançon revealed less a modernisation than a restructuring of power: the former deans became presidents, the political balance of power (left/right, rectorate/university) became fixed, and the faculty‑based approach provided an enduring structure for the institutional identity of the University of Franche‑Comté. Este artículo analiza la reconfiguración del poder universitario en Besanzón entre 1968 y 1971, durante la aplicación de la ley Faure. La reforma, al suprimir las antiguas facultades en favor de las UER (unidades de enseñanza y investigación) e introducir la participación estudiantil, alteró el equilibrio institucional heredado del siglo xix. En Besanzón, una pequeña universidad marcada por fuertes tradiciones disciplinarias, esta transformación se convirtió en un auténtico campo de batalla. Los decanos de letras y ciencias, Pierre Lévêque y Jean Thiébaut, defendieron su autonomía frente al rector Yves Pironneau y frente a las facultades más recientes de derecho y medicina, percibidas como favorecidas por el Estado. Las tensiones en torno a la representación en los consejos, el control de los presupuestos y la asignación de locales reflejaban una rivalidad entre las facultades antiguas y las nuevas, pero también entre la centralización y la autonomía local. Los sindicatos de estudiantes, polarizados entre comunistas y trotskistas, refuerzan estas fracturas. La elección del presidente Thiébaut en 1971 supone una victoria de las facultades « históricas » y los conflictos se trasladan a los representantes del Estado. Así, la creación de la Universidad de Besanzón revela menos una modernización que una recomposición del poder: los antiguos decanos se convierten en presidentes, las relaciones de fuerza políticas (izquierda/derecha, rectorado/universidad) se congelan y la lógica facultaire estructura de forma duradera la identidad institucional de la Universidad de Franche‑Comté. |