Le corps dans l’apparat politique des princes et des élites : carrosses et carnaval au xviie siècle à Rome

Le présent article interroge comment le corps fut exploité dans l’iconographie des carrosses, des chars et du costume de carnaval afin de glorifier les princes et les élites lors des fêtes au xviie siècle à Rome. Durant la période moderne, Rome était un centre diplomatique majeur où il était essenti...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/framespa,
Autor principal: Bouichou, Marie
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Les Cahiers de Framespa 2026
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
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language Français
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topic pouvoir
corps
fête
cérémonial
carrosse
art éphémère
carnaval
costume
festival
ceremonial
ephemeral art
state coach
carnival
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cart and carnaval costumes: how the body serves power
fiesta
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carruaje y vestuario de carnaval: el cuerpo al servicio del poder
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Bouichou, Marie
Le corps dans l’apparat politique des princes et des élites : carrosses et carnaval au xviie siècle à Rome
description Le présent article interroge comment le corps fut exploité dans l’iconographie des carrosses, des chars et du costume de carnaval afin de glorifier les princes et les élites lors des fêtes au xviie siècle à Rome. Durant la période moderne, Rome était un centre diplomatique majeur où il était essentiel de signifier sa puissance. Au moment de la cérémonie d’entrée de l’ambassadeur ou du souverain, le carrosse d’apparat constituait alors la première image de puissance que le public percevait et qui matérialisait le corps politique de celui qu’il transportait. Sculpté en ronde‑bosse à l’extérieur de ces véhicules luxueux, le corps y était alors exposé avec ostentation pour incarner les dynamiques du pouvoir. Puissant ou captif, jeune ou âgé, féminin ou masculin, mythique ou idéalisé, le corps y était toujours présenté soumis à l’autorité du prince. Au contraire, couvrir le corps était également synonyme de pouvoir. Revêtir de somptueux costumes permettait aux élites de transcender leur image en les présentant sous les traits de figures allégoriques ou mythiques. La fête du carnaval était ainsi propice à des divertissements raffinés qui donnaient vie à une imagerie érudite et foisonnante. Les chars convoquaient un univers de figures merveilleuses et de monstres qui défilaient maîtrisés par le puissant, qui lui‑même magnifiait son propre corps par de splendides costumes.
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Durant la période moderne, Rome était un centre diplomatique majeur où il était essentiel de signifier sa puissance. Au moment de la cérémonie d’entrée de l’ambassadeur ou du souverain, le carrosse d’apparat constituait alors la première image de puissance que le public percevait et qui matérialisait le corps politique de celui qu’il transportait. Sculpté en ronde‑bosse à l’extérieur de ces véhicules luxueux, le corps y était alors exposé avec ostentation pour incarner les dynamiques du pouvoir. Puissant ou captif, jeune ou âgé, féminin ou masculin, mythique ou idéalisé, le corps y était toujours présenté soumis à l’autorité du prince. Au contraire, couvrir le corps était également synonyme de pouvoir. Revêtir de somptueux costumes permettait aux élites de transcender leur image en les présentant sous les traits de figures allégoriques ou mythiques. La fête du carnaval était ainsi propice à des divertissements raffinés qui donnaient vie à une imagerie érudite et foisonnante. Les chars convoquaient un univers de figures merveilleuses et de monstres qui défilaient maîtrisés par le puissant, qui lui‑même magnifiait son propre corps par de splendides costumes. This paper analyzes how the body was exploited to represent power in coaches, carnival carts, and costumes created for princes and aristocrats during festivals in seventeenth‑century Rome. In the early modern period, Rome was a major diplomatic center where it was crucial to manifest preeminence. During the entry ceremonies of an ambassador or a sovereign, state coaches played a significant role as they were the first display of power. To adorn these sumptuous vehicles, the body appeared sculpted in the round, fully exhibited to the beholder’s gaze, to externalize the power and the political body of whom they were bearing. Whether depicted as captive or powerful, young or old, female or male, idealized or mythical, the body was always subject to the prince’s authority and chosen as a recurrent theme to convey sovereignty in a striking manner. However, concealing the body also epitomized power. Carnival was the perfect occasion for refined entertainments displaying prolific and erudite imagery. By covering their bodies with magnificent costumes, the aristocracy transcended their image, presenting themselves as idealized or mythical figures. Carnival carts conjured an ethereal universe composed of both monstruous and marvelous bodies fully guided and controlled by nobility, who was in turn magnified by sublime costumes. Este artículo explora como el cuerpo era explotado en la iconografía de carrozas, carruajes y vestuario del carnaval diseñados para los príncipes y la aristocracia, en las fiestas del siglo xvii en Roma. En la Edad Moderna, Roma era un importante centro diplomático donde demostrar su preeminencia era esencial. Durante las ceremonias de entrada de un embajador o soberano, las carrozas de estado tenían un papel significativo porque eran la primera imagen de poder que el público percibía. Para adornar estos vehículos suntuosos, el cuerpo aparecía esculpido de bulto redondo en su exterior, completamente exhibido a la mirada del espectador, para externalizar el poder y el cuerpo político de quien transportaban. Ya sea representado cautivo o poderoso, joven o viejo, femenino o masculino, idealizado o mítico, el cuerpo era siempre sometida a la autoridad del príncipe y era un tema recurrente para encarnar las dinámicas de la soberanía. Sin embargo, abrigar el cuerpo también simbolizaba poder. La fiesta del carnaval era propicia para entretenimientos refinados que daban vida a una imaginería erudita y abundante. Vestir trajes suntuosos permitía a las elites trascender su imagen presentándolos como figuras alegóricas o míticas. Los carruajes de carnaval convocaban un universo de cuerpos maravillosos y monstruosos que desfilaban controlados por el poderoso, que a su vez magnificaba su propio cuerpo con espléndidos disfraces.